A la rencontre de Tasha Carl, speakeuse à Devoxx France

Pour poursuivre notre série d’interviews, voici un échange avec la pluri-activiste, Tasha Carl qui animera un BOF à Devoxx France sur Alice et Greenfoot, des outils pour enseigner Java.

Blandine : Qui es-tu ? Peux-tu définir ton travail actuel ?

Je suis développeuse, architecte d’application et architecte de systèmes d’information, actuellement spécialisée dans le domaine Java EE. Je travaille comme freelance depuis 1997 et mon travail me passionne.

Agnès : Peux-tu présenter tes activités au sein des projets Sagan, Code Sorceresses et RHoK et en quoi consistent ces initiatives ?

Le Sagan Project (http://sagan.be) est le résultat d’un atelier que j’ai réalisé pour la fondation Greenlight For Girls. Cette organisation non gouvernementale a pour but de promouvoir les filles et les femmes dans le STEM (Science, Technology, Engineering, and Mathematics). Le Sagan Robot Simulator a été développé et a été utilisé lors d’une journée d’expérimentation pour des filles de 11 à 14 ans. Le logiciel permet de simuler des missions sur Mars. Le programme du robot, une fois écrit et testé, est téléchargé dans de véritables robots qui l’exécutent sur une maquette “martienne”. Compte tenu du succès obtenu lors de cet atelier et auprès de professeurs, notamment en Italie, je l’ai amélioré, en intégrant d’autres types de robots, par exemple, des Lego Mindstorm, et le projet a été open-sourcé.

Lors de cette journée, nous étions une dizaine de femmes avec des profils techniques. Comme nous nous sommes vraiment bien amusées, nous avons décidé de nous revoir et de créer un “club ordinateur”. Le “Circle of Computer and Robotics Sorceresses” était né. Il ne s’agit pas que d’une communauté online, mais d’un véritable groupe d’utilisatrices “Ladies Only” qui organise des rencontres dans les domaines de l’ICT et de la robotique.

Peu de temps après, Claude Falguière, également une développeuse Java, et moi avons mis en place une plateforme européenne online recensant des profils de femmes actives dans les domaines ICT, FLOSS, électronique et robotique: il s’agit du Code Sorceresses (http://www.codesorceresses.eu/).

Le RHoK.be est un projet totalement différent. RHoK signifie “Random Hacks of Kindness“. Deux fois par an, une trentaine de hackathons sont organisés en même temps autour du globe, avec pour objectif de “hacker pour le bien de l’humanité”. Je vous laisse le découvrir par vous-mêmes : http://rhok.org et http://rhok.be. Personnellement, je fais partie de l’équipe d’organisation du RHoK Belgique.

Blandine : Comment te situes-tu dans l’écosystème JAVA ? Dans quel projet(s) /user group interviens-tu ?

Mon travail me plonge déjà dans l’écosystème JAVA, mais je suis également fondatrice du Brussels Java User Group. En plus, je fais partie du DEVOXX (Belgique) “Steering Committee” et j’ai initié les Java Knights Belgique, une petite communauté pour les Freelances Belges du monde Java. A part ça, je suis membre du “Paper Approbation Committee” de la conférence JCertif et membre du JCP.

Mon blog tourne actuellement surtout autour de mes projets robotiques: http://www.lucubratory.eu/. Vous pouvez également me suivre sur http://twitter.com/imifos.

Blandine : Comment es-tu tombée dans le monde JAVA ? Te souviens-tu de ton premier programme en JAVA ?

Quand j’ai commencé ma carrière, le langage le plus populaire était le C++. Peu après l’an 2000 (je n’ai pas vécu le “Bug de l’année 2000″ en Java :-) ), un client avait besoin d’une application qui permettait de gérer “des bananes” (permettez moi de garder l’anonymat de ce sujet ;-) et l’utilisation de Java était une exigence. Ceci m’a permis de me former à ce langage. Depuis lors, mes projets principaux se situent dans cet écosystème.

Blandine : Pourquoi as-tu choisi ce métier ? As-tu les mêmes motivations qu’au début ?

Quand j’étais petite, mon père m’emmenait de temps en temps sur son lieu de travail, une centrale téléphonique mécanique. J’étais fascinée par les tours de relais géantes (en relation à ma taille de l’époque) qui fonctionnaient comme des engrenages sur-dimensionnels. Des années plus tard, mon père s’est fait plaisir en s’achetant un ZX81, ce qui à lancé ma “carrière” en quelque sorte. En ce qui concerne la motivation, elle est toujours intacte: la créativité et l’apprentissage permanents. Ce travail représente le défi ultime.

Agnès : Tu vas présenter/ co-présenter une session à Devoxx France sur Alice et Greenfoot pour enseigner Java. Peux-tu introduire la spécificité de ces outils. Tu le co-animeras avec Yolande Poirier : pourquoi avez-vous eu l’envie de proposer un talk sur ce sujet?

Yolande et moi sommes toutes les deux passionnées par l’éducation STEM des enfants et nous avons déjà réalisé des projets et des expériences pratiques dans le domaine. Il nous a donc semblé naturel de présenter ce sujet à la DEVOXX.FR.

Alice est une application qui permet de créer des scènes 3D, similaire à Sims ou Second Life, utilisant un “langage de programmation” graphique. L’application s’adresse aux jeunes développeurs et développeuses (8-14 ans). Il est possible d’imaginer, par exemple, des scènes avec une patineuse artistique faisant des figures sur un lac gelé.

Greenfoot est d’un niveau plus avancé. Cet environnement de développement permet de programmer en Java d’une manière graphique, mais il permet également d’éditer le code Java des briques graphiques utilisées.

A la DEVOXX.FR, nous proposons un BOF. Yolande va présenter les deux applications et je vais faire une petite démonstration pour montrer le fun que les enfants (et aussi les filles) ont en jouant avec ces outils. Le but est d’aboutir à une discussion ouverte. La séance est destinée aux adultes.

Blandine : Est-il plus difficile pour toi de présenter devant un auditoire majoritairement masculin ? Cela a-t-il un impact sur ta préparation et la façon dont tu présentes ? Penses-tu que tu sois jugée différemment des speakers masculins ? As-tu des conseils à donner aux futures speakeuses ?

Il est certain qu’en tant que femme, nous sommes jugées différemment. De là, la façon de paraître est à mon goût très importante. J’essaie de me montrer féminine, mais dans aucun cas de “trop”. Les couleurs sont une bonne chose pour faire la différence car le monde des geeks est très monochrome :)

Un conseil pour les futurs speakeuses ? J’ai un qui me semble très important: sortez et montrez vous!

C’est moins la nature des femmes de se monter sur scène. Elles préfèrent plus souvent écouter, mais il faut que les femmes sortent de leur modestie et se mettent plus en avant. Nous avons besoin de Role Models! Les prochaines générations de filles ont besoin de femmes visibles dans les domaines STEM pour être inspirées.

 

Merci Tasha!

Rendez-vous au BOF “Introduire Java avec Alice et Greenfoot”  que tu co-animes jeudi 19 avril à Devoxx France!

Retrouvez Aline Paponaud lors des ateliers Programatoo à Devoxx France et Théâtre d’Impro pour jouer à être Agile à Mix-IT

Pour continuer notre série, voici l’interview d’Aline Paponaud (@bootis). Vous la retrouverez à Devoxx et Mix-IT pour des présentations où vous devrez être actif (comme on les aime chez les Jduchess ;-) ). Aline coorganise l’atelier Programatoo à Devoxx avec Audrey Neveu et vous a préparé un match d’impro pour jouer à être Agile à Mix-IT.

Blandine : Qui es-tu ? Peux-tu définir ton travail actuel ?
Aline : J’ai 26 ans, je suis arrivée dans la région parisienne en septembre.
Mon travail actuel c’est développer en .net de nouvelles fonctionnalités sur du legacy code (une application qui existe depuis longtemps, qui était en TMA et pour laquelle un « grand projet » a commencé), et aussi d’animer et essayer d’améliorer les choses dans l’équipe pour l’amener vers de plus en plus d’agilité (mon côté scrummaster).

Blandine : Dans quel projet(s) /user group interviens-tu ?
Aline : Mes projets du moment c’est surtout programatoo (@programatoo, visible sur les blogs de Sfeir, Jduchess…) : c’est un projet longue durée chez Sfeir qui a commencé avant Devoxx et qui continuera après, l’objectif étant de savoir apprendre la programmation avec les enfants, et ensuite de diffuser au maximum ces pratiques.

Sinon tous les mercredis je suis chez /ut7 au Coding Dojo pour apprendre avec quelques compères. On fait un peu de tout, mais toujours dans les règles de l’art (TDD, plus forte valeur métier en 1er, et autres bonnes pratiques).

Ma prochaine action va être de parler un peu plus de .net et plus particulièrement de la solution d’intégration continue TFS sur mon blog techaline.wordpress.com qui est un peu mort en ce moment… et mettre un peu de source sur codeplex.

Blandine : Tu travailles actuellement sur un projet en .net, mais cela ne t’empêche pas de participer à Devoxx France ou Mix-IT. On croise peu de gens qui ont la double compétence Java/.Net. Penses-tu que ces deux mondes soient vraiment différents ?
Aline : En fait, je suis naïve et j’ai cru ce qu’on m’a dit quand je suis sortie de l’école en ayant fait plein de Java : « ce que vous savez faire, c’est pas Java ou C ou n’importe quel LANGAGE, c’est appliquer des CONCEPTS : vous savez développer en respectant de bonnes pratiques, vous savez faire des tests, vous savez concevoir des trucs ». Après 3 ans d’expérience, je me retrouve « coincée » par ma bonne connaissance des subtilités du langage et de quelques frameworks .net (ce qui pour moi ne fait pas de moi une bonne dev).

C’est simple : je veux apprendre plein de langages, tout comme à titre personnel je veux apprendre plein de langues étrangères.

Je refuse de croire qu’il y a un manque d’ouverture. Pour moi, c’est juste qu’il y a beaucoup de peurs, car on n’arrive pas à évaluer un bon développeur en dehors de sa maîtrise du langage qu’il sera payé pour utiliser.

Blandine : Pourquoi as-tu choisi ce métier ? As-tu les mêmes motivations qu’au début ?
Aline : Parce qu’il y a de la « magie » dans notre métier, quelque chose qui fait qu’on a le pouvoir de rendre facile et intuitives des choses très compliquées au départ.
Ce qui me plaît c’est de fabriquer des outils pour les gens et de savoir comment fonctionnent des systèmes complexes.
Ça n’a jamais vraiment changé.

programatooLogo

Blandine : Lors de Devoxx France, tu vas animer l’atelier Programatoo avec Audrey Neveu. Comment t’es venu l’idée d’organiser un atelier pour les enfants ?
Aline : J’ai rencontré lors de Agile Innovation Grenoble (la meilleure conférence Agile ;-) : www.agileinnovation.fr) que je coorganisais en 2011 des personnes de /ut7 qui s’intéressaient au sujet, et qui s’apprêtaient à faire leur premier Coding Goûter.

On en a pas mal discuté, on s’est rappelé de nous enfant et de notre première expérience avec la programmation, et j’ai vu qu’il y avait un écart avec ce que maintenant les enfants apprennent en premier sur un ordinateur : recherche google, emails ,facebook, utilisation du smartphone… là ils savent mieux que moi, mais pour le reste, il manque quelque chose.

Et une fois Agile Grenoble passé, et mon installation en région parisienne bien en place, je me suis dit que c’était le moment de lancer un projet. Et voilà… J’en ai parlé à Sfeir qui m’a donné son support. On s’inspire totalement du Coding Goûter, d’ailleurs on est en contact permanent avec eux. Mais nos objectifs, à terme, sont différents : on souhaiterait se tourner vers tous les enfants (pas forcément accompagnés de leurs parents) pour des ateliers dans la ville, dans les écoles… Mais on n’en est pas encore là !

Lors des ateliers Programatoo et des Coding Goûters chez nos amis de ut7, on se rend compte d’une chose, et c’est même le mot d’ordre : ce sont les enfants qui ont quelque chose à nous apprendre et à nous montrer. Ce qui m’a surprise : leur créativité, leur capacité à trouver des idées rapidement… Non pas que j’en aie douté, mais je me rends compte que mon enfance à moi s’éloigne !!!

Blandine : Lors de Mix-IT, tu organises un « atelier Théâtre d’Impro pour jouer à être Agile ». Peux-tu nous en dire plus ? Comment est-ce que ça va se passer ? On peut venir même si on n’a jamais fait d’impro ?
Aline : C’est du théâtre d’impro 100% débutant. On ne parle pas d’agilité, on s’amuse, on improvise en respectant les règles. L’idée est que chaque participant se rende compte de sa capacité à être réactif, à imaginer, et à s’adapter à toutes les situations. Que le groupe forme un ensemble cohérent, qu’on s’écoute, qu’on s’impose sans imposer à l’autre…
Le format : comme un typique entraînement d’impro, on commence par un échauffement, ensuite on fait quelques exercices et on finit avec des improvisations sur un thème donné.
A la fin, on fait une petite rétrospective, et les participants se rendront facilement compte du parallèle avec n’importe quel projet !

Blandine : Les méthodes agiles semblent importantes pour toi. Pourquoi ? Comment es-tu tombée dans la marmite des méthodes Agiles ? Pourrais-tu aujourd’hui travailler dans une équipe qui ne les applique pas ?
Aline : Déjà, je n’ai pas appris le Cycle en V à l’école, mais les méthodes Agiles. Donc forcément je n’ai pas pu m’imaginer un projet différemment. Ensuite, arrivée sur un projet directement en sortant de l’école, j’avais besoin d’aide et j’en ai trouvé au Club Agile Rhône Alpes… J’ai rencontré plein de gens épanouis et je leur ai fait un chèque pour les rejoindre, et j’ai organisé une grande cérémonie avec… non sans rire, c’était vraiment super et j’ai appris plein de trucs. Se retrouver avec des gens de différentes entreprises permet vraiment de prendre du recul sur la situation.
Aujourd’hui bien sûr je pourrais travailler dans une équipe qui ne les applique pas, d’ailleurs il y a beaucoup d’équipes qui disent qu’elles l’appliquent et qui ne l’appliquent pas… C’est une situation plutôt normale pour moi, et ce qui est intéressant dans ces équipes c’est justement d’essayer d’améliorer le process. Ce que je ne pourrais pas faire, ce serait travailler dans une équipe qui refuse tout changement.

 

Merci Aline ! Rendez-vous : 

Petra Cross from Google will be at Devoxx France and Mix-IT

Petra Cross

Continuing our interview series, the Mix-IT team asked some questions to Petra Cross who will be at Devoxx France and at Mix-IT.

 

Photo by Cody Bratt

 

Petra is a Senior Software Engineer at Google and an avid photographer. You could follow her on twitter or on G+.
With Petra, we will look behind the scenes of day-to-day development workflow in the engineering teams at Google. She will speak about this topic at Devoxx France and Mix-IT .

Mix-IT Team : Who are you?
Petra : I’m a Googler, photographer, and a pretty good wife. I live in San Francisco, California.

Mix-IT Team : Could you describe your typical day? Do you work all the day?
Petra : I wake up at 10am, get ready, and then walk to work (yes, I get to walk to work). I work from about 11am until about 7pm. I sometimes go rollerblading in the middle of the day (Google San Francisco office is right by the waterfront, with very ice trail along the bay) and do yoga in the evening. When I get home, I tend to work on a photography project or work on my travel plans.

Mix-IT Team : Which new tools/framework do you discover recently and that has inspired you?
Petra : Since I joined Google Wallet in San Francisco, I have been writing code using Android libraries. I have never done mobile development before, so a lot of the concepts are new to me, but I’ve been having fun.

Mix-IT Team : Does your team at Google use Scrum, or is it just inspired by Scrum?
Petra : Let’s not confuse Scrum with Agile. Scrum is a method for managing software projects. Most of Google engineering managers do not use Scrum, but some do.
However, Agile is more wide-spread at Google. Lots of engineering teams use Agile principles of planning task backlog, iterating in cycles, and estimating the tasks for the upcoming iteration.

Mix-IT Team : What would be your ideal technical stack for a webapp today ?
Petra : I have not seen an ideal technical stack yet. All technologies have their pros and cons and it takes time to learn about all the quirks and gotchas. I am comfortable with the Google server stack with Javascript on top. I’m not a Javascript expert though. I’ve spent most of my seven years at Google working on Java backends which use Google’s powerful distributed computing and storage resources.

Thanks Petra !
See you at Devoxx France for your talk about software development Workflow at Google on Thursday 19 April at 5 p.m. and at Mix-IT on Thursday 26 April at 2 p.m.

Hands-on Labs, Tools in Action et Quicky par Mathilde Lemée à Devoxx France

Cette interview est consacrée à Mathilde Lemée (@MathildeLemee). Vous pourrez la retrouver à Devoxx France où elle animera un hackergarten et présentera deux sujets liés aux tests des applications Web pour les développeurs Java.

Blandine : Qui es-tu ? Peux-tu définir ton travail actuel ?
Mathilde : Je suis Mathilde Lemée, consultante freelance sur Paris. Je suis un développeur passionnée et agiliste convaincue, je tiens également un blog sur http://www.javafreelance.fr .

Blandine : Comment es-tu tombée dans le monde JAVA ? Te souviens-tu de ton premier programme en JAVA ?
Mathilde : J’ai surtout découvert Java à la fac, j’ai fait la presque totalité de mes projets universitaires et de mes stages sur ce langage. Le premier, c’était un pantin 3D dont on pouvait enregistrer les différentes postures pour ensuite l’animer.

Blandine : Comment te situes-tu dans l’écosystème JAVA ? Dans quel projet(s) /user group interviens-tu ?
Mathilde : Je suis souvent présente aux sessions du Paris Jug, aux événements des Duchess France dont je suis une des fondatrices et aux sessions Hackergarten que nous organisons depuis le début de l’année avec d’autres développeurs.

Blandine : Pourquoi as-tu choisi ce métier ? As-tu les mêmes motivations qu’au début ?
Mathilde : J’ai toujours eu envie de faire de l’informatique donc je n’ai jamais hésité sur mon cursus. En sortant d’étude, je voulais surtout avoir le schéma classique consultant => chef de projet. C’est lors de ma première mission, quand j’ai eu la chance de travailler avec une équipe d’architectes passionnants et motivants, que j’ai changé d’orientation !

Blandine : Tu vas présenter trois sujets à Devoxx et à Mix-it ! Peux-tu nous les présenter ? Pourquoi faut-il venir te voir ?
Mathilde : La première session à Devoxx France est animée avec Brice Duttheuil, committeur Mockito. C’est un hackergarten : le rendez-vous des gens qui veulent participer à un projet open source. L’idée c’est, dans un format de 3h, de contribuer à un logiciel, un fix, une feature, une documentation dont d’autres pourraient avoir l’usage. Il s’articule autour de committeurs actifs pour mentorer les hackers qui participent à l’évènement. Nous ouvrons la porte aux committeurs en tout genre, il suffit de nous faire signe !

La seconde sur Selenium, testNG et selenium Grid propose une solution pour tester les applications web. Nous partirons de la rédaction d’un test unitaire avec jUnit pour finir par avoir une suite robuste de tests distribués, que ce soit sur un réseau interne ou sur le cloud avec Amazon EC2. J’aurais l’occasion lors de Mix-IT de la rejouer, il y aura en plus une revue des bonnes pratiques et des design pattern recommandés lorsque l’on met en place cette automatisation.

La dernière est un quickie de 15 minutes sur FluentLenium, librairie que je développe depuis quelques mois. FluentLenium se veut un outil d’aide à l’écriture de tests Selenium, en s’adressant tout particulièrement aux développeurs web Java.

Blandine : On croise peu de femmes dans les conférences. Cela t’étonne-t-il ? Penses-tu que c’est en train de changer ? As-tu vu une évolution au cours des dernières années ?
Mathilde : Je crois que dans tous les domaines, à partir d’un certain niveau de visibilité, on ne trouve que peu de femmes. Je pense que c’est en train de changer, même si cela prend du temps. En tout cas, on est plusieurs à travailler pour ! Il faut avant tout créer l’envie chez les femmes.

Blandine : Est-il plus difficile pour toi de présenter devant un auditoire majoritairement masculin ? Cela a-t-il un impact sur ta préparation et la façon dont tu présentes ? Penses-tu que tu sois jugée différemment des speakers masculins ?
Mathilde : Non, aucunement. Quand on va voir une présentation technique, on y va pour le fond, pas pour la forme.

Blandine : Beaucoup de personnes aimeraient faire une présentation, mais n’ont pas d’idée de sujet. Comment as-tu trouvé les tiens ?
Mathilde : Pour les hackergarten, après une année à organiser des hands-on, je cherchais quelque chose de plus proche de la réalité. On en est à la troisième session et les gens reviennent toujours, c’est vraiment un moment colnvivial où l’on a par exemple l’occasion de découvrir de l’intérieur d’outils comme maven ou jenkins.
Pour tout ce qui concerne les tests automatisés, le sujet est venu naturellement, car c’est une des solutions que j’ai l’occasion de mettre en place chez nos clients, d’où également la création de FluentLenium.

Merci Mathilde ! 

Rendez-vous à Devoxx France : 

Et aussi  à  Mix-it pour Selenium WebDriver, TestNG et Selenium Grid le jeudi 26 avril

BOF Duchess France à Devoxx et présentation de Mix-IT par Agnès Crepet

Pour poursuivre notre série d’interview, voici les réponses d’Agnès Crepet co-organisatrice de Mix-IT. Elle co-présentera aussi le BOF Duchess France dans quelques jours à Devoxx.

Blandine : Qui es-tu ? Peux-tu définir ton travail actuel ?
Agnès : Je suis donc Agnès Crépet ;-)
Le jour, je suis architecte au sein de la DSI des Laboratoires Boiron. Je participe à la mise en place des méthodes (agiles) de développement, aux choix des frameworks (principalement issus de l’écosystème Java) ainsi qu’au développement des applications développées en interne.
La nuit, je mets ma casquette d’activiste des communautés techniques : je suis Leader de 2 JUGs : le Lyon JUG et de Duchess France et je suis membre de l’équipe fondatrice de la conférence Mix-IT et de celle du podcast cast-it.

Blandine : Comment es-tu tombée dans le monde JAVA ? Te souviens-tu de ton premier programme en JAVA ?
Agnès : C’était à l’école, il y a 12 ans… Mais en dehors de mes TP classiques implémentés lorsque j’étais étudiante, mon premier « vrai » programme java je l’ai développé lorsque j’étais dans ma première société, un éditeur bancaire. On refondait une application en Java, historiquement écrite en Cobol. A l’époque, c’était donc avec Struts 1 et les premières versions beta d’Hibernate. J’ai eu la chance très tôt de pouvoir travailler avec des frameworks, qui te permettaient de gagner en productivité et en homogénéité.

Blandine : Comment te situes-tu dans l’écosystème JAVA ? Dans quel projet(s) /user group interviens-tu ?
Agnès : Je suis donc active dans 2 JUGs : le Lyon JUG et Duchess France et tous les mois avec mes compères podcasteurs, on sort un épisode de Cast-IT.
Je participe également à des projets de développement bénévolement. J’ai par exemple développé le site de la conférence que je co-organise Mix-IT. Ce qui m’a permis de tester des frameworks que je n’avais jamais mis en pratique comme Play ! Et j’ai d’autres projets de ce type en cours.
J’ai donné également des talks et cours (Méthodes Agiles, Java, Design Patterns). Récemment, j’ai donné notamment une formation de plusieurs semaines bénévolement au Togo, des talks en Asie.

On peut me suivre sous twitter : @agnes_crepet, sous google plus : https://plus.google.com/116189330666769817164. On peut également m’entendre au micro de Cast-IT. Vous pouvez également voir sur GitHub les projets de coding sur lesquels je travaille  : https://github.com/acrepet et j’écris régulièrement sur le blog des Duchesses.

Blandine : Pourquoi as-tu choisi ce métier ? As-tu les mêmes motivations qu’au début ?
Agnès : Pour moi ce qui est magique dans ce métier c’est que l’on apprend en continu. Et cet aspect est très motivant. Le fait de développer des logiciels c’est aussi pour moi une manière d’apporter de la valeur au monde. Le domaine du logiciel libre est, par exemple, pour moi extra-ordinaire du point de vue du modèle économique et social sous-jacent. Et en tant qu’acteur du monde du logiciel, on peut aussi diffuser ses idées facilement. Et ce sont ces idées qui peuvent contribuer à changer (un peu) le monde.

Par rapport à mes débuts, j’ai sûrement encore plus envie de partager, de rencontrer des gens des différentes communautés techniques. Il y a 12 ans, je découvrais le développement Java, mais je restais relativement seule. Aujourd’hui, je trouve fascinant le foisonnement autour des différents user groups qui existent.

Blandine : Tu vas présenter co-présenter le BOF Duchess France à Devoxx France avec Audrey Neveu. A qui s’adresse-t-il ? Pourquoi faut-il venir vous voir ? De quoi allez vous parler ?
Agnès : Le Bof s’adresse à tout le monde, hommes/femmes, développeurs, personnes non techniques, etc. Si vous voulez en savoir plus sur Duchess France, il faut venir à ce BOF puisqu’on reviendra, dans une première partie, sur les objectifs et les actions menées par ce JUG.
Enfin si la question de la disproportion des femmes dans l’informatique en France vous intéresse. Si vous voulez savoir si c’est partout pareil… Et bien venez au BOF puisqu’on abordera cette question dans une deuxième partie. Je donnerai notamment un retour sur mes voyages en Afrique et en Asie où j’ai découvert que la situation diffère fortement dans certains pays où la proportion de femmes dans la technique est beaucoup plus forte que chez nous.

Blandine : Lors du “tour du monde” (que tu viens de terminer), tu as présenté les Jduchess à l’étranger et permis de lancer de nouveaux groupes dans différents pays. Peux-tu nous parler de ces rencontres ? As-tu rencontré des personnes motivées et intéressées par les Jduchess ?
Agnès : Oui j’ai donc eu la chance de voyager sur 2011/2012 dans beaucoup de régions du globe différentes. Et j’ai donc eu la chance de participer au lancement des groupes Duchess Africa et Duchess Indonésie.
En août dernier, j’ai décidé de commencer mon périple autour du globe en donnant bénévolement une formation Java à Lomé (Togo). J’avais deux filles parmi mes élèves. Je leur ai parlé du réseau des Duchesses et elles ont pensé qu’il serait très intéressant de créer un groupe Duchess Africa et particulièrement en Afrique occidentale (la formation avait lieu au Togo, mais les filles étaient ivoiriennes). Elles ont voulu monter ce groupe pour faciliter l’accès des femmes africaines à des carrières dans l’informatique en général (et pourquoi pas dans le développement Java). En Afrique, peu de filles vont à l’école, sans parler de l’accès aux études scientifiques, il y a donc très peu de femmes ingénieurs en informatique. Ainsi, Duchess Africa est né en août 2011 et depuis je crois savoir qu’elles sont une cinquantaine. Vous pouvez lire mon article sur le blog des Duchesses, sur mon retour sur le lancement de Duchess Africa.

Fin 2011, j’étais en Asie. J’ai donné des conférences/ateliers à l’école Meruvian qui est une organisation à but non lucratif situé à Jakarta, portée sur Java et Open Source. Cette école propose un cursus informatique très orienté sur la programmation Java pour les jeunes entre 16 et 21 ans qui n’ont pas les moyens d’aller à l’Université. J’ai rencontré deux filles, Mila et Nety, d’à peine 20 ans et qui s’occupaient de cette école. Elles ont été intéressées par l’initiative et ont décidé de lancer l’antenne Duchess Indonésie qui regroupe aujourd’hui 200 personnes ! Vous pouvez mon article sur le blog des Duchesses, sur mon retour sur le lancement de Duchess Indonesia.

Blandine : On croise peu de femmes dans les conférences en France. Cela t’étonne-t-il ? A priori, la situation est inversée en Asie ou la majorité des développeurs sont des femmes. Est-ce un sujet dont tu vas parler lors du BOF et pourquoi ?
Agnès : Dans les pays occidentaux, nous faisons souvent le même constat : l’univers des développeurs est quasi uniquement masculin. Et cela, hélas, ne m’étonnait plus vraiment. Je pensais que c’était une situation générale, que l’on retrouvait partout dans le monde.

Pourquoi chez nous ou plus généralement dans les pays occidentaux, les filles sont-elles si peu présentes dans les domaines techniques en général, et dans l’informatique en particulier ? La première explication peut être liée aux choix d’éducation et de formation des femmes. Certains préjugés sont ancrés au sein de la famille et de la société et se révèlent lors des choix des jeunes filles pour une formation. Les parents ou les enseignants leur déconseillent souvent de suivre une formation trop technique, qui déboucherait sur des professions traditionnellement masculines, où la présence des femmes n’est pas encore complètement acceptée. Une autre explication peut venir du fait que certains métiers techniques, comme celui de l’informaticien, souffre de certains stéréotypes. L’informaticien est souvent représenté comme un homme, jeune, blanc, hétérosexuel, fan d’univers comme celui de l’heroïc- fantasy et encore celui des jeux vidéos. Ces univers sont par ailleurs bien souvent remplis de références principalement masculines ou les filles ont peu de place. Quand elles y sont représentées, c’est souvent de manière dégradante ou humiliante. Je me souviens d’une publicité récente pour la sortie d’une version d’Ubuntu (une distribution de Linux) : une paire de fesses féminine parfaitement calibrée vêtue d’un slip Ubuntu. Vous allez me dire qu’on trouve ce genre de représentations quel que soit le produit (voiture, produit ménager, crème dessert, etc.).

J’ai effectivement eu la chance de voyager récemment pour m’apercevoir que la situation diffère dans d’autres coins du globe. Je suis allée notamment en Indonésie où j’ai rencontré les filles qui ont lancé l’antenne Duchess Indonésie. Dans ce pays, 60 % des personnes ayant une activité dans l’informatique sont des filles. Je vais parler lors du BOF de cette différence que j’ai observée en Asie donc et des quelques pistes qui pourraient l’expliquer. En Indonésie, là où plus de la moitié des développeurs informatiques sont des filles, la plupart des écoles ne sont pas mixtes. On touche ainsi à la question de la non-mixité, souvent décriée ou mal comprise. Outre la remise en cause perpétuelle de la légitimité des luttes féministes, il faut souvent argumenter sur l’utilité et le sens d’une organisation en espaces non-mixtes. Pourtant, dans l’histoire de beaucoup de mouvements de femmes, la non-mixité a toujours été bénéfique pour avancer dans l’organisation des collectifs. Les observations en classes mixtes indiquent que les cours de sciences sont dominés par les garçons, ils “accaparent le bon matériel et l’attention du professeur, répondent à la majeure partie des questions et réalisent les expériences, tandis que les filles assistent, rédigent les comptes-rendus à la manière de secrétaires et restent en retrait dans la classe. De plus, certaines études affirment que les contextes mixtes ont tendance à renforcer les stéréotypes de genre, et donc à reproduire l’équation sciences = hommes” *1.  Je ne suis pas en train de dire qu’il serait bon de retourner à l’école non-mixte, mais peut-être que certaines activités organisées en non-mixité pourraient inviter un peu plus les filles à découvrir des domaines techniques qui à priori ne leur sont pas destinés. Tasha Carl, une amie belge, m’a parlé d’une initiative, Greenlight For Girls. Il s’agit d’une fondation qui cible les femmes de tout age, et non-pas uniquement dans l’informatique, mais dans ce qu’on appelle le STEM – Science Technology Engineering Mathématics… Et ça marche plutôt bien, ce qui pourrait faire taire ceux qui affirment qu’elles ne sont pas câblées pour la technique !

*1 Gillibrand, E., Robinson, P., Brawn, R., & Osborn, A. (1999). Girls’ participation in physics in single sex classes in mixed schools in relation to confidence and achievement. International Journal of Science Education, 21, 349-362

Blandine : Tu es aussi coorganisatrice de Mix-IT. Peux-tu nous présenter cet événement ?
Agnès : Mix-IT est l’aboutissement de la collaboration entre le Lyon Java User Group et le Club Agile Rhône-Alpes.
Mix-IT est né d’une envie commune de créer une conférence à Lyon accessible à tous (donc pas trop chère) sur l’agilité, l’écosystème Java et les innovations I.T., Web ou mobile. En 2011, la première édition de Mix-IT voyait le jour. Et le 26 avril prochain, Mix-IT deuxième édition se déroulera à SUPINFO LYON pour des sessions sur différents sujets, des jeux et des rencontres. Entre 300 et 400 personnes sont attendues à cet événement. Certains speakers internationaux sont annoncés (Pamela Fox notamment, ex-Googler de San-Francisco, Bodil Stokke sur Javascript, ou Pieter Hintjens, spécialiste du messaging, créateur de ZeroMQ), la majorité des speakers étant français, comme Emmanuel Bernard (membre de l’équipe Hibernate chez JBoss) ou encore Jean Claude Grosjean (auteur du blog QualityStreet) et Gilles Mantel, des coachs agiles reconnus.

Je suis très fière également que près d’un quart des speakers de Mix-IT soit des femmes ! Nous ne nous sommes pas “forcés” à prendre des femmes, mais on a simplement élargi notre recherche de speakers d’une part et d’autre part nous nous sommes rendu compte, et c’est plutôt une bonne nouvelle, qu’il y a de plus en plus de femmes reconnues sur des domaines techniques. Quand nous avons cherché des speakers sur Javascript par exemple, notamment sur les frameworks MVC JS côté client, le nom de Bodil Stokke est rapidement arrivé !

Merci Agnès !
Rendez-vous au BOF Duchess France le jeudi 19 avril de 19h à 20h et
à Mix-IT le jeudi 26 avril à Lyon.

BOF Duchess France et atelier Programatoo par Audrey Neveu à Devoxx France

Voici l’interview d’Audrey Neveu (@Audrey_Neveu). Vous pourrez la retrouver à Devoxx France pour le BOF Duchess France ou le mercredi avec vos enfants à l’atelier Programatoo.

Blandine : Qui es-tu ? Peux-tu définir ton travail actuel ?
Audrey : Je suis développeuse Java chez Sfeir et Jug Leader JDuchess, ce qui fait presque deux travails. ;)

Blandine : Comment es-tu tombée dans le monde JAVA ? Te souviens-tu de ton premier programme en JAVA ?
Audrey : C’était le premier langage étudié dans ma formation et donc, mon premier programme fût un “Hello world !” dans une console, original n’est-ce pas ? Mais voilà, le coup de foudre était là, je me suis tout de suite sentie à l’aise avec le langage, j’ai donc rapidement participé à mon premier Jug (à l’excellentissime NormandyJug pour ne pas le citer) et depuis je n’ai pas réussi à décrocher :)

Blandine : Comment te situes-tu dans l’écosystème JAVA ? Dans quel projet(s) /user group interviens-tu ?
Audrey : Ce qui m’a énormément plu dans JAVA, c’est le dynamisme de sa communauté. Je trouvais ça fantastique d’avoir des soirées comme les JUGs où l’on pouvait se rencontrer, apprendre et échanger. C’est là l’un des aspects les plus enrichissants de notre métier et j’ai très vite eu envie d’y prendre part aussi, de rendre un peu de ce que l’on m’avait donné dans les JUGs. C’est pourquoi j’ai rejoint Duchess France, pour participer à la vie de la communauté, et en particulier à son expansion féminine.

Blandine : Pourquoi as-tu choisi ce métier ? As-tu les mêmes motivations qu’au début ?
Parce que ça avait l’air fun ! J’aimais l’idée d’apprendre en permanence, de pouvoir créer un programme de toutes pièces et aussi de découvrir des métiers différents au travers de ceux de mes clients. Ce métier ressemblait à un jeu de logo grandeur nature et aujourd’hui encore c’est l’effet que ça me fait à la fin de certaines journées de travail où j’ai du mal à réaliser que l’on me paye alors que je me suis amusée toute la journée :)

Blandine : Tu vas co-présenter le BOF Duchess France à Devoxx France avec Agnès Crepet. A qui s’adresse-t-il ? Pourquoi faut-il venir vous voir ? De quoi aller vous parler ?
Audrey : Le bof est ouvert à tous : homme ou femme, développeur ou pas. Il se déroulera en deux parties, j’anime la partie “française” et Agnès s’occupe de la partie “mondiale”. Pour cette dernière, je renvoie les lecteurs à l’interview d’Agnès, elle expliquera tout ça mieux que moi :) Pour la partie française ce sera une excellente occasion pour ceux qui ne nous connaissent pas de rencontrer l’équipe, d’en savoir plus sur nos activités (la Marmite, le blog, etc…) et nos objectifs, une occasion donc de comprendre pourquoi nous avons souhaité avoir notre JUG, un jug de fille, mais qui n’exclut pas les hommes pour autant ;) Pour ceux qui nous connaissent, c’est aussi le moment de nous dire ce qu’ils ont aimé, ce qui ne leur a pas plu, ce qu’ils ont envie de voir, de faire, etc… Bref, ce n’est pas seulement un endroit pour parler de nous, c’est surtout un endroit pour échanger avec vous !

Blandine : On croise peu de femmes dans les conférences en France. Cela t’étonne-t-il ?
Audrey : Pas vraiment, je trouve même ça logique. Le nombre de développeurs qui se déplace en conférence n’est déjà pas élevé comparé à la masse de développeurs en France, donc il n’est pas vraiment étonnant d’y croiser assez peu de femmes vu qu’elles sont moins nombreuses dans le métier. En revanche, l’un des premiers objectifs de Duchess France était d’inciter les femmes à participer aux conférences, et sur ce point, nous avons partiellement réussi puisqu’au ParisJug il y a régulièrement une dizaine de participantes. Au niveau national en revanche, ça reste assez faible, nous avons encore du travail ;)

Blandine : Tu vas aussi animer Programatoo avec Aline Paponaud. C’est un atelier de programmation pour les jeunes de 6 à 14 ans. Comment ça se passe ? Quel est le but de l’atelier ? Pourquoi est-ce que ça vous tient à coeur ?
Audrey : Comme Aline le résume bien Programatoo c’est un atelier pour jouer à programmer : on vient découvrir le métier de ses parents, mais aussi et surtout on viens s’amuser ! Le but est de créer des petits programmes, souvent des animations, réalisés à l’aide d’outils ou de langages adaptés aux enfants. Les enfants se mettent seul avec leur parent ou à plusieurs sur leurs projets et on fait des pauses pour partager nos créations tous ensembles au rétroprojecteur.
Nous nous sommes aperçues Aline et moi que les enfants n’avaient plus du tout le même comportement que nous par rapport à l’ordinateur : ils y sont habitués, savent s’en servir comme ils se servent de la télévision, mais ils ne cherchent plus vraiment à comprendre comment ça marche. L’idée de Programatoo c’est de leur redonner le contrôle sur la machine, mais également de leur montrer que l’on peut être créatif avec un ordinateur.

Blandine : Est-ce qu’il reste des places pour Programatoo ? Faut-il venir en famille ? Comment faire pour s’inscrire ?
Audrey : Il reste des places et pour s’inscrire une seule adresse : programatoo@sfeir.com. Il suffit d’indiquer le nom du ou des développeur(s) en herbe, et le nom du parent accompagnateur.

Blandine : Avec Aline, vous avez déjà animé un atelier Programatoo. As-tu une anecdote ? Qu’est-ce qui t’a marqué ?
Audrey : Une anecdote qui m’a beaucoup fait rire et qui résume bien l’ambiance de Programatoo : je m’attachais les cheveux lorsque Lina, 9 ans, me regarde très sérieusement avant de me dire “les cheveux attachés ça fais sérieux alors qu’en fait, tu l’es pas trop”… Kid’s are magic ;o)

Merci Audrey ! Rendez-vous à Devoxx France  :

Quicky sur Incanter à Devoxx France par Claude Falguière

Lors de Devoxx France et Mix-it, plusieurs conférences seront présentées par des femmes. Nous profitons de cette occasion pour les interviewer et vous les faire découvrir. Cette première interview est consacrée à Claude Falguière (@cfalguiere) que vous pourrez écouter le 20 avril à Devoxx France lors d’un quicky sur “Incanter, des statistiques en un coup de baguette magique”.

 

Blandine :  Qui es-tu ? Peux-tu définir ton travail actuel ?
Claude : Je suis consultante senior chez Valtech Technology depuis une dizaine d’années. J’interviens sur des applications Java ou des sites Web en J2EE en tant qu’architecte technique principalement pour des problèmes de performance, de déploiement, de dimensionnement.
Quand il me reste un peu de temps, je tiens un blog technique http://cfalguiere.wordpress.com.

Blandine : Comment es-tu tombée dans le monde JAVA ? Te souviens-tu de ton premier programme en JAVA ?
Claude : Bizarrement, j’ai découvert le Web et Java en même temps. J’étais en stage chez Digital Equipement en 1994 pour faire une comparaison entre CORBA et DCOM et quand je suis arrivée, ils avaient une nouvelle architecture à regarder, basée sur des trucs qui s’appelaient HTTP, HTML et Java pour voir ce qu’on pouvait faire avec ça. J’ai vu des pages HTML moches à pleurer dans une première version de Mozaic et une applet avec une sorte de pingouin qui faisait hello de la main avec des saccades. C’était amusant mais j’ai trouvé Internet beaucoup plus excitant que la GIF animée en applet.

J’ai fait un grand détour par le Web, puis retrouvé Java en 1996 quand je travaillais chez l’éditeur de SGBD orienté objet O2. Mon premier programme Java, je l’ai fait avec la version 1.0 et elle était un peu… limitée. Elle ne permettait pas d’afficher les accents du français par exemple. En France, on est resté essentiellement sur C++, mais j’ai fait un petit tour pendant plusieurs mois chez O2 US et les clients US ne demandaient plus que ce binding.

Je suis passée à Java définitivement en 1999 en rentrant chez Valtech, avec du CORBA/Java (de la plomberie pour intégrer l’OTS du serveur CORBA à TopLink en utilisant JTA et JTS, c’est le type de joie auquel on échappe de nos jours) puis du J2EE sur WebLogic.

On a oublié de nos jours ce que Java a signifié. Pour les gens qui faisaient du C++ avant 2000, Java c’était des API d’IHM, des classes pour gérer les String, les Collections out of the box et tout ça gratuitement. Je pense que ça a permis à beaucoup de gens de faire un peu de Java chez eux alors qu’en C++ le ticket d’entrée était plus élevé.

Professionnellement aussi j’ai vu un grand changement. C++ c’était des éditions de liens qui prenaient une heure, des corrections de problème sur chaque UNIX sur lequel il fallait recompiler le produit (même avec des librairies de compatibilité), beaucoup de gens incapables de gérer correctement la mémoire. Java a supprimé ces ennuis. Beaucoup d’outils (d’analyse statique, de refactoring, de test unitaire ciblés) ont été construits sur les possibilités de manipulation du bytecode et d’exécution d’une classe isolée et sont difficiles à porter.

Maintenant, on en est mécontent parce que cette révolution est acquise, parce que d’autres environnements ont évolué dans d’autres directions (la facilité de manipulations des collections apportées par les langages fonctionnels par exemple, ou la gestion des dépendances de librairies) et que l’on veut encore mieux, c’est normal.

Blandine : Comment te situes-tu dans l’écosystème JAVA ? Dans quel projet(s) /user group interviens-tu ?
Claude : Je suis cofondatrice de Duchess France et membre de l’organisation du Java User Group Paris JUG. Je participe aussi assez souvent à d’autres user groups de développement et DevOps.
Je ne contribue à aucun projet (et je sais c’est pas bien). Question d’époque et de temps disponible. Et puis je n’ai jamais trouvé un projet qui me motive assez pour plonger dedans. Je pense que les hackatons sont une bonne chose pour ça. Ils facilitent l’accès et permettent de rentrer dans un projet parce qu’on est en communauté.

Blandine : Pourquoi as-tu choisi ce métier ? As-tu les mêmes motivations qu’au début ?
Claude : L’informatique était un secteur vraiment tout nouveau quand j’ai choisi ce métier. J’ai commencé à travailler au moment où sortaient les premiers ordinateurs individuels. Ce secteur m’attirait pour le potentiel que représentaient les ordinateurs, même s’il fallait beaucoup d’imagination à l’époque pour y voir quelque chose d’utile. Les premiers programmes que j’ai écrits faisaient des dessins et je n’imaginais pas que c’était un métier.

Ma formation initiale était l’économétrie (les mathématiques et la modélisation pour l’informatique). Il y avait un peu d’informatique surtout appliquée aux statistiques et j’ai bifurqué après ma maîtrise sur les conseils du prof d’informatique. Je ne saurais plus dire quelles étaient mes motivations à ce moment.

Il est clair que mes centres d’intérêt ont changé au fil du temps. Au début, je m’intéressais à l’organisation du projet et au langage pour comprendre comment ça marche. Au fil du temps, on s’intéresse plus aux cadres qui structurent tout ça, les méthodes, les patterns, les bonnes pratiques, comment on peut organiser toutes ces informations. Et puis finalement, j’ai fini par m’intéresser principalement aux finalités de ces cadres, à l’objectif à réaliser et aux moyens d’échanger ces connaissances pour que l’on avance plus facilement.

Blandine : Tu vas présenter un quicky à Devoxx France. Quel est le sujet de présentation ? À qui s’adresse-t-elle (novice sur le sujet ou confirmé) ? Pourquoi faut-il venir te voir ?
Claude : La présentation est sur Incanter, un framework de statistiques implémenté en Clojure. Je pense qu’il faut un objectif pour se mettre à un langage. Pour moi, analyser des données de test avec Incanter a été une motivation pour me mettre à Clojure.

J’utilise une toute petite partie de ce que peut faire Incanter, mais c’est aussi le type de problème que l’on rencontre, lire des données, faire des moyennes, afficher un graphe. Incanter fourni aux statisticiens des outils plus élaborés pour de faire du test d’hypothèse, de l’analyse de données.

La présentation ne demande pas de connaissance préalable en Incanter, en Clojure ou en statistique. J’ai prévu quelques slides d’explication puis montrer du code.

Blandine : “Clojure m’a permis de devenir un meilleur développeur” citation pendant la marmite battle language. Partages-tu cet avis ? Pourquoi ?
Claude : Je comprends, même si être développeur est bien au-delà de la maîtrise des langages. Tout langage nouveau oblige à remettre en cause des automatismes et à réfléchir à sa manière de faire.

Clojure est un langage fonctionnel qui contraint à coder dans un style fonctionnel. Groovy par exemple est plus tolérant.

Ce qui est difficile au début c’est que l’on continue à coder dans un style procédural. On appelle chaque fonction l’une après l’autre et en stockant les résultats dans des variables. En programmation fonctionnelle, on construit un programme en emboîtant des fonctions sans état. Si on ne prend pas en compte ce principe, on est confronté assez souvent à des problèmes de reconstruction de données pour mettre à jour l’état. Comme ça n’est pas prévu pour être utilisé comme ça, les API ne sont pas adaptées et on se fait mal pour rien.

Le deuxième point que j’ai noté, c’est que lorsque l’on emboîte des fonctions anonymes, le niveau d’imbrication devient vite un problème. Les fonctions anonymes sont pratiques lorsque l’on veut faire un filtre ou un traitement simple sur une collection, mais qu’il devient vite nécessaire pour la lisibilité et la réutilisation de les extraire et de donner un nom à ces fonctions. Il m’est arrivé plusieurs fois de ne pas pouvoir donner un nom. En général, c’est le signe d’un mélange de plusieurs fonctions qui devraient être distinctes. Ce constat m’a forcée à concevoir la résolution du problème comme un enchaînement d’opérations que je peux nommer et non comme un enchaînement de lignes de code qui arrive au résultat.

Lorsqu’on a passé ce stade, on peut se concentrer sur la manière de résoudre le problème et non plus sur la manière de coder et là ça devient vraiment agréable.

Blandine : On croise peu de femmes dans les conférences. Cela t’étonnes t-il ?
Penses-tu que c’est en train de changer ? As-tu vu une évolution au cours des dernières années ?

Claude : Je pense qu’on trouve aussi peu de femmes dans les conférences que de développeuses dans les projets. La vrai question est là. J’ai quand même l’impression qu’il y a un plus de femmes qui participent aux conférences.

Pour les speakers le système est un aussi un peu auto-reproducteur. Naturellement les conférences choisissent parmi les présentations connues parce que ça limite leur risque, et il y a peu de femmes. Elles restent toutefois ouvertes à de nouveaux speakers via les Call For Paper surtout sur des sujets innovants. Il ne faut pas hésiter à se lancer.

J’espère qu’on va voir une arrivée en masse dans les prochaines années.

Blandine : Pourquoi fais-tu une présentation ? Comment es-tu tombée dans la marmite ?
Claude : J’ai toujours aimé partager des connaissances, faire découvrir de nouvelles choses, aider les gens à comprendre.
J’ai animé des formations pour les clients chez O2 et Valtech. C’est similaire sur la technique mais le traitement des sujets est différent. Lorsque les gens achètent une formation, ils attendent un certain type de transfert de connaissance. Les présentations dans le cadre des conférence et des user groups sont plus ouvertes. Celles qui me semblent le plus efficace sont celles qui font découvrir un sujet et transmettent une envie de s’y intéresser. C’est plus court aussi, il faut cadrer le sujet et concentrer.

Blandine : Est-il plus difficile pour toi de présenter devant un auditoire majoritairement masculin ? Cela a-t-il un impact sur ta préparation et la façon dont tu présentes ? Penses-tu que tu sois jugée différemment des speakers masculins ? As-tu des conseils à donner aux futures speakeuses ?
Claude : Non, et heureusement, je n’ai pas souvenir d’avoir eu un auditoire féminin.

Je ne fais pas la différence. Il y a des auditoires réceptifs, participatifs, et d’autres pas. C’est difficile à prévoir à l’avance.

Une des choses auxquelles je fais attention pendant la rédaction est la cible. Quel est le type d’interlocuteur. On ne prévoit pas le même contenu pour des managers ou des hackers, ils n’ont pas les mêmes centres d’intérêt. Le niveau des auditeurs par rapport au sujet est important aussi. Une fois sur place j’adapte en fonction de l’ambiance et du niveau des participants.

Je ne sais pas si je suis jugée différemment, il faudrait leur demander. Il y a peu être un peu plus d’interruptions par des gens qui veulent m’expliquer qu’ils savent, j’ai la même chose en réunion. C’est aussi une question de notoriété. On n’ose pas interrompre une star. Mais je n’ai jamais eu d’accueil adverse ni de commentaire sur ma tenue.

Je n’ai pas de conseils spécifiques pour les speakeuses sur le talk lui même. Ce sont les mêmes bases que pour les speakeurs. N’hésitez pas à analyser les présentations des bons speakeurs, ou speakeuses. Soyez vous même.

J’ai quelques remarques sur le côté logistique :
- prévoir une tenue confortable, dans laquelle on se sent bien pour ne pas être détournée de son sujet.
- il peut faire très chaud (parce que la clim est réglée pour la salle qui ne bouge pas) ou très froid (la place du speaker est pile sous l’aération)
- attention aux chaussures, une heure debout avec des talons ça peut faire très mal. Il existe des semelles avec des coussinets en gel à l’avant, ça compense bien les semelles un peu dures
- poser sa voix, et surtout je pas essayer de crier sur le bruit. La voix part dans les aigus et ça peut devenir assez désagréable

Blandine : Beaucoup de personnes aimeraient faire une présentation mais n’ont pas d’idée de sujet. Comment as-tu trouvé le tien ?
Claude : Je ne crois pas qu’il faut décider de faire une présentation puis décider du sujet. J’ai envie d’explorer un sujet et selon ce que je veux dire à à ce propos je vais le traiter en blog, en atelier, en présentation. Pour moi les présentations sont plus des moyens de faire découvrir un sujet, les blogs permettent de rentrer dans les détails ou de présenter des choses très personnelles, les ateliers de transmettre une pratique.

Les sujets que l’on peut traiter dépendent aussi de la conférence. Pour une grande conférence, il faut être légitime sur le sujet, un expert, un commiter du projet, un retour d’expérience sur un projet qui met en œuvre la techno de manière innovante. Dans des cadres plus locaux on peut partager la connaissance que l’on a ou faire un retour d’expérience sur un projet. Les retours d’expérience sont souvent bien appréciés. Ils montrent comment d’autres ont abordé ce problème, pourquoi ils ont choisi cette solution, les difficultés qu’ils ont eu, comment ils les ont résolues, on peut évaluer si c’est à notre portée. On en apprend toujours quelque chose.

Merci Claude ! Rendez-vous le 20 avril à Devoxx France pour le quicky sur Incanter !

Retrouvez nous à Devoxx et Mix-IT !

Comme vous le savez tous, ce mois d’avril s’avère particulièrement riche pour les développeurs et les développeuses avec deux conférences de très haut niveau en France : Devoxx France du 18 au 20 avril et Mix-It le 26 avril.

Donc ce mois ci, pas de Marmite … mais un BOF à Devoxx et des speakeuses comme s’il en pleuvait dans les deux conférences ! Pour vous les faire découvrir, nous vous proposons de retrouver tous les jours jusqu’à Devoxx, puis jusqu’à Mix-It, deux interviews par jour de ces développeuses.

En attendant pour vous mettre l’eau à la bouche, petit tour d’horizon des sessions féminines auxquelles vous pourrez assister à ces deux conférences :

DevoxxFrance

  • Claude Falguiere présentera Incanter, ou les statistiques faciles en Clojure
  • Mathilde Lemée animera 2 sessions dont un Tools In Action sur les tests d’application web et un quickie sur FluentLenium, une solution innovante pour tester vos applications web. Elle co-animera également avec Brice Dutheil un Hands-On Labs Hackergarten.
  • Aline Paponaud et moi même animerons Programatoo, un labs d’initiation à la programmation pour les enfants.
  • Yolande Poirier et Tasha Carl viendront présenter Alice et Greenfoot, deux logiciels gratuits pour initier les débutants, ado et étudiants à Java.
  • Petra Cross nous emmènera dans les coulisses du développement chez Google.
A Devoxx vous aurez également l’occasion de retrouver toute une partie de l’équipe Duchess France au BOF qui aura lieu le jeudi 19 de 19 à 20h. Ce sera l’occasion d’échanger ensemble sur Duchess, mais aussi de venir discuter de la place des femmes dans l’IT dans le monde avec Agnès Crepet notre JugLeadeuse Globe Trotteuse, qui viendra nous parler de ce qu’elle a vu lors de son récent voyage en Afrique et en Asie.
Mix-It

  • Petra Cross réiterera son talk sur son expérience du développement chez Google, pour ceux qui l’auraient manqué à DevoxxFrance
  • Pamela Fox nous apprendra à créer des applications mobiles avec PhoneGap
  • Aline Paponaud nous fera jouer à être agile au cours d’une séance d’improvisation théâtrale
  • Bodil Stokke nous montrera comment Backbone peut vous enlever une belle épine du pied lors de vos développements web
  • Mathilde Lemée fera la version conférence de son Tools In Action sur les tests d’application web.

Rendez-vous donc à ces deux événements incontournables du printemps!