Born to code ? Rencontre avec des étudiantes de l’école 42

Coup de coeur, Les portraits

42 Si la France, 5e puissance économique mondiale, tenait sa place dans le numérique, au lieu d’être 20e, elle aurait réglé le problème de l’emploi ». Le manque de développeurs ralentit dangereusement les projets de transformation de nos entreprises et freine la création de milliers d’emplois induits.

 

Je trouve toujours marrant de constater que « si j’aime coder ça veut dire que je suis accro aux jeux vidéos, je suis fan de Start Wars et le seigneur des anneaux est aussi mon seigneur » n’est qu’un cliché associé à un type de profil (codeur(use) ou pas) qui existe, certes, mais qui est loin d’être le profil lambda d’une personne qui aime coder et qu’en fait son métier.

Lors de la journée « Le meilleur dev de France » on a eu l’occasion de croiser quelques étudiantes de 42. L’école 42, une école gratuite de formation peer-to-peer, attire à peine entre 5-10% de femmes. Ces jeunes étudiantes démontrent que le code est sans aucun doute aussi un truc « de fille » et que 42 est aussi une belle place pour elles. Avec la publication de cet article, nous avons pour objectif de vous donner un aperçu des étudiantes de 42 avec des parcours très différents et inspirer d’autres jeunes femmes à poursuivre des études d’informatique à 42 ou ailleurs.

Découvrez ces 3 étudiantes au profil très varié !

 

Anne-Lise, une dev front-end qui rève du back-end

Je viens de Pau et je suis étudiante a l’école 42 depuis novembre dernier. Avant d’intégrer 42, j’ai d’abord été Assistance de Direction, et comme je voulais me reconvertir et que l’informatique m’avait toujours attirée, j’ai commencé à apprendre la programmation en cours du soir avec le CNAM, principalement en Java. J’ai aussi commencé à m’intéresser au web à ce moment là (HTML, CSS, PHP, JavaScript…). J’ai ensuite fait une formation dans le multimédia ce qui m’a permis de toucher à tout : photo, son, vidéo, webdesign, ergonomie… et en parallèle de faire un stage chez Zookeeper, une agence web, ou j’ai fait du développement front-end pendant 1 an.

j’ai commencé à apprendre la programmation en cours du soir avec le CNAM

Anne-Lise

Pourquoi 42 ?

Après cet aperçu d’à peu près tout ce qu’il était possible de faire dans le numérique, je me suis rendue compte que c’était la programmation qui m’attirait le plus. Je rêvais donc d’une formation intensive où je ne ferais que coder tout la journée, car j’avais bien conscience que devenir une bonne développeuse ne se ferait pas du jour au lendemain… Après une recherche sur internet, j’ai découvert l’école 42 qui correspondait totalement à mes attentes, tant en matière d’apprentissage que de pédagogie. Et c’est comme ça que tout a commencé !

Ce qui me plaît dans le développement, c’est d’abord le côté créatif.

Ce qui me plaît dans le développement, c’est d’abord le côté créatif. C’est vraiment génial de voir un programme créé de nos propres mains évoluer sous nos yeux. D’ailleurs, chaque développeur a sa propre « patte », comme un artiste. J’aime aussi le fait que ça soit très « binaire », dans le sens où soit ça marche, soit ça ne marche pas, mais il n’y a pas d’à peu près. Et enfin, c’est un nouveau challenge a chaque projet, on n’est jamais sûr d’y arriver, c’est dur, on passe par beaucoup d’émotions tout au long du développement, mais quelle plaisir une fois que ça fonctionne!!

 

Legos ?

J’aimais beaucoup les LEGOs quand j’étais petite, ça laisse vraiment place à l’imagination ! D’une façon générale, j’étais plus jeux de constructions, circuits de voitures et fabrication de cabanes en plein-air que barbies, qui m’ennuyaient assez rapidement..

Joueuse ? 

Je n’ai jamais réussi a quitter ma Super Nintendo, qui restera toujours pour moi la meilleure des consoles. D’accord, j’avoue, la nostalgie y joue beaucoup.

Un film ?

Pas un film en particulier mais j’aime beaucoup les films cultes des années 80, début 90. Retour vers le futur, Ghostbusters, Y a-t-il un pilote dans l’avion ?, E.T, Gremlins, Hot shots, Jurrasic Park, Forrest Gump…Nostalgie encore…

Un Livre ?

Niveau bd, j’adore les « notes » de Boulet et la série des « Tu mourras moins bête » de Marion Montaigne qui me fait vraiment marrer. J’ai aussi beaucoup aimé « Combat ordinaire » de Manu Larcenet. Niveau livre, je vais plutôt lire des bouquins d’apprentissage, souvent en informatique (forcément..) ou en psychologie/sociologie, les sciences humaines étant un autre domaine qui me passionne.

Anne-Lise == Geek && Geek == « Aimer coder » ? 

Pour moi, être geek, ça veut avant tout dire être passionné, donc oui, je pense que je le suis et qu’il faut l’être pour être développeur car c’est un métier qui demande beaucoup d’investissement personnel. Mais il faut arrêter d’imaginer le geek avec des lunettes triple foyer et les cheveux gras ! Ils existent (et ça ne les empêche pas d’être géniaux !) mais ça reste un cliché !

 

Eléonore, jeune étudiante passionnée

EleonoreJ’ai eu mon bac l’année de mon entrée à 42. Je n’ai jamais vraiment été passionnée par le lycée. Le programme ne m’intéressait pas vraiment, je n’écoutais pas vraiment, et je crois que mes cahiers de cours de terminale ont plus de dessins que de phrases écrites, mais je n’étais pas spécialement une « mauvaise élève ».

J’ai toujours préféré comprendre à apprendre. C’est mon père qui m’avait donné la passion de l’informatique, il m’a mis devant un ordinateur quand j’avais 7 ou 8 ans, surement pour être tranquille, mais j’y suis restée.

J’ai toujours préféré comprendre à apprendre.

Pourquoi 42 ?

Au milieu de mon année de terminale STG, je me suis rendue compte que je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire et aucune envie de continuer ce que je faisais actuellement, dans un BTS. C’est ma grand-mère qui a vu une publicité pour l’école et m’a proposé de tenter le coup. Je n’avais jamais codé, mais je faisais du webdesign dans mon temps libre. Admissible pour passer la piscine, j’ai rempli mes choix post bac n’importe comment sous pression des professeurs, je ne pensais même pas avoir mon bac. Finalement je l’ai eu, et j’ai été admise à 42. Heureusement d’ailleurs, parce qu’après avoir gouté à la pédagogie de 42, c’est impossible d’avoir envie de revenir au système scolaire classique.

Dans le code, ce qui me plaît le plus est la créativité sûrement. Cibler un problème, y trouver des solutions, et quand ça marche du premier coup c’est presque décevant ; rien n’est comparable à ce que tu ressens quand tu réussis après s’être acharné pendant des heures.

Ce qui me plaît le plus est la créativité

Legos ?

Petite j’ai joué aux LEGO, bien sûr, mais aux poupées aussi 🙂 Je volais les petites voitures de mon petit frère tout comme je faisais de la danse classique et du piano.

Joueuse ? 

On avait un serveur Minecraft au lycée avec des amis. Mais maintenant non, je ne joues plus. Je n’arrive pas à me passionner pour un jeu en particulier.

Films ?  

Je suis plus séries, sinon Leon, Kick Ass, La Reine des Neiges… 🙂 c’est assez varié en fait.

Livres ?

Je ne lis pas vraiment… Les seuls livres que j’ai lus sont ceux imposés dans le cadre scolaire…

Eléonore == Geek && Geek == « Aimer coder » ?

Toute la question est “Qu’est ce qu’un geek ?” Et je ne tenterais pas de me lancer dans un débat comme celui-ci. Selon Wikipédia, un geek est une personne passionnée par un ou plusieurs domaines précis. Selon cette definition, je peux éventuellement me considérer geek, mais qui n’a pas de passion ? Pour ce qui est d’aimer coder, il faut un minimum s’intéresser à l’informatique évidemment, mais aujourd’hui nous sommes dans un monde où tout le monde peut trouver un intérêt à apprendre à coder, le numérique est omniprésent. Plus qu’être “geek”, il faut surtout être créatif et aimer ce que l’on fait.

 

Cécile, de l’économie à la programmation en C

Après un bac S que j’avais préparé seule à distance, je suis entrée – un peu par défaut – dans des études d’économie à l’université Paris-Dauphine. J’y ai passé trois ans sans résultat : redoublement de la première année, deuxième année de licence ratée, le tout couplé à des événements familiaux difficiles et une gestion des élèves qui me paraissait antipathique… Bref, une catastrophe ! Ce type d’études trop théoriques et dans une ambiance élitiste ne me plaisait pas du tout (c’était d’ailleurs pour ces mêmes raisons que j’avais quitté mon lycée). Les seules matières où je m’en sortais très bien et sans effort particulier étaient l’informatique et la microéconomie, des choses plutôt techniques qui demandent un logique différente de l’économie par exemple.
 Les études trop théoriques et dans une ambiance élitiste ne me plaisait pas du tout
Cecile Ayant depuis quelques années l’envie d’être indépendante et d’avoir ma propre entreprise, j’ai choisi des études courtes et qui pourraient m’aider à réaliser cela. J’ai donc recommencé à zéro et je suis retournée aux études à distance avec un BTS d’assistante de gestion de PME-PMI. Lors de ma première année, je fais un stage dans une entreprise de logiciel libre d’investigation numérique (ArxSys). Un produit très pointu, avec une petite équipe de très bons techniciens qui me plonge dans une bonne ambiance de passionnés (ils sortent tous d’Epitech et en ont gardé l’esprit).
Puis, lors de ma deuxième et dernière année de BTS, je rentre en stage dans une entreprise de eCommerce dirigée par une pionière du web, Isabelle Bordry, ancienne dirigeante chez Yahoo France. Un super stage, mais une mauvaise année niveau étude. Je ne suis pas prête pour les examens et je décide de ne pas les passer et d’abandonner mon BTS. Pas de problème pour ma patronne qui me fait confiance et m’embauche quand même en tant qu’Office manager ! L’entreprise étant à taille humaine, je collabore avec tous les métiers du eCommerce et peux observer/apprendre tout à la fois. Ce fut donc une excellente expérience de presque deux ans qui s’est terminée fin 2013, suite à un licenciement économique. Puis, pendant un an, j’ai cherché ce que je voulais faire. Beaucoup de choses m’attirent mais rien ne retient vraiment mon attention. Je n’ose pas me lancer dans certains projets, je me rends compte également que je n’ai pas forcément envie de monter des projets mais plutôt de les accompagner. On finit par me parler de 42 et j’ai tenté ma chance !

Pourquoi 42 ?

J’avais fait un peu d’informatique à l’université. Mais c’était de la programmation pour économiste, de l’initiation avec des boucles toutes simples. Cela m’a tout de même permis de réaliser que c’était un domaine et surtout une logique qui me convenait très bien contrairement à d’autres étudiants qui n’y arrivaient pas du tout.
Après ma première année d’université, j’ai voulu m’inscrire à Epitech. J’avais fait toutes les démarches et passé l’entretien avec le directeur mais le coût était trop élevé et je n’étais pas suffisamment sûre de mon choix pour que mon père accepte de payer cela.
Malgré mon parcours chaotique, l’idée de faire de l’informatique est toujours restée nichée dans un coin de mon cerveau. Intégrer l’école 42 était donc la solution parfaite ! Et en réalité c’est tout autant l’informatique que la pédagogie de l’école qui m’a plu.
J’adore essayer de trouver la solution pratique à un problème.
Me creuser la tête, c’est ce qui me plait
J’adore essayer de trouver la solution pratique à un problème. Finalement concevoir un programme c’est ça : tester des solutions jusqu’à trouver la bonne. Me creuser la tête, c’est ce qui me plait. Et surtout il y a une certaine fierté de voir le résultat de ce que l’on a produit. C’est toujours fascinant de voir ce que l’on peut faire (du moins, pour moi qui apprends tous les jours à l’école, je ne pensais pas pouvoir faire certaines choses aussi vite).

Legos ?

Je crois mais pas tant que ça. J’aimais les jeux de construction en général et la pâte à modeler. J’adorais aussi démonter des choses pour « tenter » de les remonter ensuite.

Joueuse ? 

Pas vraiment. Je joue par période. Il peut m’arriver de passer plusieurs heures par jour à jouer à Civilisation par exemple mais ça ne dure que 3-4 jours puis plus rien pendant des mois.

Un film ?  

Le premier jour du reste de ta vie. Un film qui parle de la vie de tout le monde, tout simplement et joliement.

Un Livre ?

Seul dans Berlin, de Hans Fallada. Je l’ai lu d’une traite. Ce livre est fascinant, les valeurs et la puissance qui s’en dégage m’ont scotché.

Cécile == Geek && Geek == « Aimer coder » ? 

Tout dépend de ce que l’on entend par geek. Est-ce que c’est jouer aux jeux vidéos et aux jeux de plateau ? Passer son temps sur un ordi ? Ou plutôt être passionné par les nouveauté technologiques ? Pour moi un geek ce serait quelqu’un de passionné par le code, qui chercherait à simplifier (presque inconsciemment) toutes ces actions par du code. Dans tous les cas, je ne réponds pas à ces critères (pas encore ?). Je pense que pour aimer coder, il faut surtout aimer l’efficacité et se prendre la tête sur les bugs à corriger pour pouvoir ensuite en retirer une grande satisfaction quand tout fini par fonctionner ! En bref, il faut aimer les challenges.

Merci Eléonore, Cécile et Anne-Lise pour vos réponses !!

Et toi, est-ce que tu es né(e) pour coder ? 😀

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I'm a Software Engineer based in Paris, working at Red Hat. I've joined the Infinispan Team and I contribute to Infinispan, Vert.x and Spring-Boot projects for my work and for fun! I'm a Duchess France Board member. I share knowledge about Java, Infinispan, Vert.x, Scala, Go, MongoDB or Agile Development through formal presentations (Codemotion, Agile France, MongoDB SF, Google Fest W Paris, Geneva JUG ...) or hands-on workshops (Devoxx, Duchess France). I'm passionate about the community contribution, open-source and drama.

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