Rencontre avec Nicolas Martignole, keynote speaker à MIX-IT

Les conférences

logo_mixitNous vous avons déjà parlé à plusieurs reprises de l’événement IT lyonnais de l’année, à savoir MIX-IT. Vous avez eu la chance de vous frotter au monde Clojure grâce à notre interview des speakers MIX-IT Christophe Grand et Laurent Petit. Aujourd’hui, nous avons le plaisir de vous amener sur le plateau Nicolas Martignole, qui nous fera l’honneur de faire la keynote d’ouverture de MIX-IT. Cette fois Agnès a préparé l’interview avec Cédric, un autre membre de l’équipe organisatrice de MIX-IT.

On ne vous présente pas Nicolas hein… Et bien si après tout (“No more heroes any more” pour reprendre les Stranglers!). Nicolas Martignole est indépendant depuis 2008, auteur du blog le Touilleur Express et membre de l’équipe du Paris JUG depuis 2 ans. Il travaille plutôt dans la Finance, en tant que technical team leader. Un peu d’Agilité, pas mal de développements et de bonnes pratiques et surtout, du fun. En quelques mots, son parcours : 5 ans dans une agence Web puis une Startup Java 6 ans chez Thomson-Reuters dans la Finance, développeur senior puis technical team leader, et depuis 2008 consultant indépendant.

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@nmartignole

Agnès et Cédric: Tu t’occupes du blog Le Touilleur Express et du site l’eXpress-Board, racontes-nous les débuts de ces projets, qu’est-ce qui t’a poussé à ouvrir ces sites et quelle audience avais-tu à leurs débuts?

Nicolas: J’ai commencé à écrire pour Le Touilleur Express fin 2003. J’avais besoin d’avoir un bloc note pour marquer ce que je voyais et ce que je testais. J’ai d’abord commencé avec JRoller, l’ancien blog est d’ailleurs toujours en ligne http://jroller.com/Trecollo. Pendant 4 ans, peu de visiteurs. Le site a vraiment démarré en 2008. A force de publier de plus en plus d’articles, le nombre de visiteurs a grimpé rapidement. Aujourd’hui le site reçoit entre 13500 et 15000 visites selon les mois. Il y a plus de 1100 personnes abonnées sur Google Reader. Tout ceci c’est 3 ans de travail. L’ensemble des 600 articles du blog représenterait un livre de 2500 pages environ.
Pour l’eXpress-Board, je me suis lancé il y a un an. Ce qui m’a poussé à ouvrir ce site, c’est l’envie de changer la façon dont on recherche et on recrute les développeurs. Le site aujourd’hui tourne à environ 1800 visites par semaine. Certaines annonces ont dépassé les 2000 affichages en moins de 30 jours.

Agnès et Cédric: On te connait comme une rock star de la communauté française java, membre de la Crew du Paris JUG, le fameux touilleur (on sait que tu adores que l’on t’appelle comme ça!) mais que fait le Touilleur le jour? Depuis 2008 tu as franchi la frontière du monde merveilleux des indépendants (“le pays des Bisounours” comme dirait Mathilde Lemée), es-tu satisfait de ce mode de travail? Quels sont tes types de missions? Indépendant, et surtout “consultant indépendant”, n’est-ce pas la fin du travail quotidien et stimulant en équipe?

Nicolas: Je travaille en ce moment sur une mission longue en régie pour une grande banque, je suis technical team leader. Je bosse dans une équipe de quelques développeurs. Mon travail consiste à développer et à gérer la réalisation du projet. Je tiens le rôle de Scrum Master. Cela fait 6 ans que je bosse dans la finance, et avec mon profil web, j’aide les équipes métiers à exprimer et spécifier l’interface de notre logiciel. Sinon je gère aussi les développeurs et surtout… je code !
L’indépendance me permet de gérer mon emploi du temps plus facilement. Je suis satisfait, mais je sais que ce n’est pas une finalité. Je souhaite un jour soit travailler à plusieurs dans une structure sympa, soit continuer à développer des services sur Internet. Bien qu’étant indépendant, je bosse autant qu’avant en équipe. Ce n’est que lorsque je fais des missions au forfait chez moi, que je suis seul.

Agnès et Cédric: Récemment un de tes tweets nous a interpellé “Dans le monde Java, y-a-t-il une bulle spéculative de complexité ? cela nous donne du boulot mais est-ce normal ?” Peux-tu développer ce que tu sous-entendais? Tu penses vraiment que la complexité provient de l’écosystème java? Certes, on doit toujours choisir parmi plusieurs frameworks qui adressent une même problématique, mais ne penses-tu pas que la richesse du monde java est au contraire une arme pour affronter la complexité de notre métier?

Nicolas: C’est une prise de conscience depuis un an. Je pense que dans le monde Java, pour certains projets et certains clients, nous gérons trop de complexité. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il y a tout un tas de frameworks, tout un tas de procédures pour passer en prod, pour installer un serveur, pour déployer une application… qui n’existent que parce que le système d’information ne sait pas digérer cela. Nous manquons parfois de simplicité. Faire simple c’est bien plus dur que ce que l’on peut penser. Lorsque tu développes, si tu es un bon développeur, tu n’ajoutes pas de code qui casse le logiciel. Si tu es un excellent développeur, tu peux en retirer sans casser le logiciel. Je pense que nous devrions tourner la page de l’ancienne architecture J2EE et que Spring est devenu maintenant le super réacteur à tout faire. Nous n’avons pas encore conscience que tout ceci coûte très cher. Parfois, une solution avec un peu de Ant, un peu de JDBC, et bien ça marche très bien. Bien mieux qu’une soupe maven+spring+configuration de cow-boy… Pourquoi prendre un fusil à pompe pour tuer une mouche ?

Agnès et Cédric: Tu nous fais le plaisir d’un talk sur Play frameworkPimp My App” pour MIX-IT. Ce framework reprend la philosophie que tu évoquais, à savoir moins de complexité et un développement rapide. En dehors de l’eXpress-Board, as-tu pu utiliser ce framework chez des clients ? Le leur proposes-tu et crois-tu pouvoir les convertir à ce genre de nouveauté?

Nicolas: Je l’utilise chez le client pour lequel je travaille en ce moment depuis le mois de juillet dernier. C’est un outil formidable, qui permet de travailler sur une base de données existante, et de sortir rapidement des écrans qui fonctionnent. Deuxième point : pour des débutants, c’est un outil facile à maitriser. Troisième point : lorsque tu passes derrière le code de quelqu’un, tu n’as pas 10 fichiers à travailler. Tu es bien plus efficace. Enfin, et c’est la cerise sur le gâteau, tu peux générer un WAR qui tourne très bien sur IBM Websphere 7. Même mieux qu’une autre application classique, qui nous a demandé des efforts de configuration avec WAS.
Je ne vois pas plus de freins à son adoption qu’il y a quelques années lorsque je proposais de passer à Spring MVC et de dégager Struts par exemple. Le frein est psychologique : bye bye les fichiers XML compliqués à modifier ou la nécessité de faire appel à un expert pour mettre en place la stack. Tout d’un coup, tu reprends le contrôle de ton application.

Agnès et Cédric: Tu as mis en place la plateforme l’eXpress-Board qui permet aux entreprises de proposer leurs offres d’emploi en s’assurant un public conséquent (plusieurs centaines de visites par annonce). Sais tu combien de passionnés ont pu trouver un emploi grâce à l’eXpress-Board? Que retires tu de cette expérience?

Nicolas: Je n’ai pas de décompte exact, mais ce serait bien d’ajouter un moyen de donner ce chiffre via son profil. Je vais l’ajouter à la prochaine version. Pour répondre à ta question, je peux te citer 4 personnes que j’ai croisé et qui ont trouvé un boulot grâce à l’eXpress-Board (Olivier, Frédéric, Guillaume et Christophe). Il y en a plus, mais je n’ai pas de décompte exact.
Aujourd’hui l’eXpress-Board c’est 134 entreprises inscrites, une trentaine très active qui se connecte presque chaque jour. C’est aussi 85 profils actifs, environ 220 candidats enregistrés. J’ai surtout des retours très positifs de la part des équipes RH. On me dit souvent : “ce sont des profils que l’on n’a jamais vu” ou aussi “… très belle rencontre, cela n’a pas marché, mais merci”. Vois cela comme un site de rencontre finalement. Toutes celles-ci ne débouchent pas sur une embauche (aka un mariage si on pousse l’analogie). Pour être juste donc, il faudrait compter les “mises en relation” effectuées plus que les embauches.

Agnès et Cédric: Quel regard portes-tu sur l’évolution de la communauté Java en France ? Le succès du Paris JUG ne vous motive-t-il pas à essayer un événement de plus grande envergure “à la Devoxx”?

Nicolas: La communauté Java a explosé en 3 ans. Plus de 16 JUGS, plusieurs conférences comme le JUG Summer Camp, Soft-Shake et MIX-IT. Le Paris JUG réfléchit à monter quelque chose l’an prochain, mais rien n’est encore fixé.

Agnès et Cédric: MIX-IT, ça n’est pas que la technique, c’est aussi beaucoup d’agilité. Utilises-tu les méthodes agiles au quotidien ? Est-ce un élément que tu considères comme essentiel à la réussite d’un projet ? Les proposes-tu à tes clients?

Nicolas: Oui je suis fan de l’Agilité, et de Scrum. J’en utilise les principes, j’ai fait plusieurs projets avec Scrum. J’ai débuté en 2008. Ce n’est pas essentiel à la réussite d’un projet. Certains projets réussissent sans Agilité, on a très bien réalisé de grands projets avant l’arrivée des méthodes Agiles. Mais le coût est différent. C’est une approche intéressante sur la perception entre la demande du client et la réalisation. Pour moi c’est indispensable, et l’un des challenges est donc d’amener les équipes vers l’Agilité.

Merci Nicolas! Et rendez-vous le 5 avril à Mix-IT

Les inscriptions à Mix-IT sont ouvertes!

Allez découvrir le programme sur le site pour vous inscrire!
Et d’ici là suivez @mixIT_lyon sur twitter pour avoir plus d’informations!

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Agnès CREPET est Duchess France Leader, et fait partie de l'équipe fondatrice et organisatrice de la conférence Mix-IT. Elle a été également Lyon JUG Leader pendant plusieurs années. Elle a co-fondé avec trois autres développeurs passionnés Ninja Squad, et habite aujourd'hui à Amsterdam, et est en charge de l'IT de Fairphone qui conçoit des smartphones modulables, réparables et éthiques. Suivez-là sur Twitter!

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