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Retour sur Devoxx France 2019

Devoxx Paris 2019

Du 17 au 19 avril avait lieu la 8ème édition de Devoxx France.

Difficile de faire un choix tant le programme était riche et varié. On s’y est mises à deux et ça nous a pris un peu de temps pour vous rendre compte de ce qu’on a vu, aimé… et moins aimé. Avec en plus une section spéciale Duchess, parce que nous on trouve que c’était vraiment les meilleures mais on manque peut-être d’objectivité ;o)

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Devoxx France dans moins de 2 semaines

Comme chaque année, Duchess France sera présente à Devoxx France en tant que participantes pour certaines et oratrices pour d’autres. Lire la suite

Soyez inspiré(e)s !

Ce soir, à 19h30, salle Fitzgerald, on vous invite à assister à notre session spéciale Devoxx France « Soyez inspiré(e)s ! ». Après une année chargée, avec des hands on divers et variés, quelques soirées  et pas mal d’afterworks/repas, il est temps de faire le bilan de cette année et de présenter ce qu’on a prévu pour la suivante ! On en profitera pour revenir sur ce qu’est vraiment Duchess France et ses buts.

Après ce court bilan, nous continuerons la soirée sur le thème « Soyez inspirées ! ». Nous avons invité plusieurs personnes à venir nous parler de sujet qui nous touchent tous à différents degrés : les barrières que l’on se met, l’investissement dans des projets parallèles, la gestion vie professionnelle – vie privée. Le panel sera très diversifié : freelance, CTO, commiteur open-source, entrepreneuse … Il s’adresse à tous (jeunes, moins jeunes, femmes, hommes) sans distinction !

 

Il y aura :
Amira LakhalAmira Lakhal : Développeur Agile Java à Valtech et membre active des Duchess France.

profil

 

Mathilde Lemée : Après plusieurs années en tant qu’indépendante, Mathilde Lemée a rejoint Terracotta en 2012. Elle continue en parallèle une activité de formatrice/consultante en indépendant. Elle est très active au sein du JUG des Duchess, groupement feminin autour de Java et autres, qu’elle a co-fondé en 2010.

Elle est à l’origine de www.java-freelance.fr , où elle poste sur les sujets qui l’intéressent (tests, performance, nouveautés, mobile, tests …). Elle est intervenu dans différentes conférences (Devoxx, JUG, Marmite, Mix-it, SoftShake…) et édite également des applications ludo-éducatives pour les 2-7 ans (www.aetys.fr).

 

 

kathryn

Kathryn Rotondo : Kathryn Rotondo is an interactive developer for web and mobile. She honed her craft both working on sites for Vogue and Target at a large digital agency; and crafting third party APIs at a small startup. She has taught at RISD Continuing Education, co-wrote Adobe AIR in Action, and speaks internationally (O’Reilly Fluent, ConFoo, TakeOff, Mobile Central Europe). Her numerous awards include recognition as an Adobe Community Professional, and most recently, first place in the inaugural Berlin Geekettes Hackathon.

Kathryn is passionate about encouraging women developers. She hosts the Motherboard Podcast (http://motherboardpodcast.com) and curates Equalitism (http://equalitism.tumblr.com). Her website is at http://kathrynrotondo.com.

Agnes Crepet-17

 

 

Agnès Crepet :

Agnès est une activiste. Une Java activiste tout d’abord ! Depuis 12 ans, elle prend plaisir à bâtir des architectures Java et les implémenter. Elle a fondé avec 3 autres ninjas la société coopérative (tous égaux, tous actionnaires) Ninja Squad au sein de laquelle ils partagent tous la même passion pour le développement. Parce qu’elle aime également apprendre et partager, Agnès est très active dans la communauté. Elle a été élue Java Champion en octobre 2012. Elle est leader de 2 Java Users Groups en France : le Lyon JUG et Duchess France et a cofondé la conférence Mix-IT, mix de Java et d’Agilité. Elle est également présidente de l’association Avataria qui organise des concerts ou FabLab dans des lieux du patrimoine industriel de sa ville.

 

 

 

Laure Nemée : A la direction technique d’une des pépites du numérique français, Leetchi. A débuté comme ingénieure logiciel, spécialiste des langages Java en .NET. Diplômée en science informatique.

 

Retrouvez Aline Paponaud lors des ateliers Programatoo à Devoxx France et Théâtre d’Impro pour jouer à être Agile à Mix-IT

Pour continuer notre série, voici l’interview d’Aline Paponaud (@bootis). Vous la retrouverez à Devoxx et Mix-IT pour des présentations où vous devrez être actif (comme on les aime chez les Jduchess ;-) ). Aline coorganise l’atelier Programatoo à Devoxx avec Audrey Neveu et vous a préparé un match d’impro pour jouer à être Agile à Mix-IT.

Blandine : Qui es-tu ? Peux-tu définir ton travail actuel ?
Aline : J’ai 26 ans, je suis arrivée dans la région parisienne en septembre.
Mon travail actuel c’est développer en .net de nouvelles fonctionnalités sur du legacy code (une application qui existe depuis longtemps, qui était en TMA et pour laquelle un « grand projet » a commencé), et aussi d’animer et essayer d’améliorer les choses dans l’équipe pour l’amener vers de plus en plus d’agilité (mon côté scrummaster).

Blandine : Dans quel projet(s) /user group interviens-tu ?
Aline : Mes projets du moment c’est surtout programatoo (@programatoo, visible sur les blogs de Sfeir, Jduchess…) : c’est un projet longue durée chez Sfeir qui a commencé avant Devoxx et qui continuera après, l’objectif étant de savoir apprendre la programmation avec les enfants, et ensuite de diffuser au maximum ces pratiques.

Sinon tous les mercredis je suis chez /ut7 au Coding Dojo pour apprendre avec quelques compères. On fait un peu de tout, mais toujours dans les règles de l’art (TDD, plus forte valeur métier en 1er, et autres bonnes pratiques).

Ma prochaine action va être de parler un peu plus de .net et plus particulièrement de la solution d’intégration continue TFS sur mon blog techaline.wordpress.com qui est un peu mort en ce moment… et mettre un peu de source sur codeplex.

Blandine : Tu travailles actuellement sur un projet en .net, mais cela ne t’empêche pas de participer à Devoxx France ou Mix-IT. On croise peu de gens qui ont la double compétence Java/.Net. Penses-tu que ces deux mondes soient vraiment différents ?
Aline : En fait, je suis naïve et j’ai cru ce qu’on m’a dit quand je suis sortie de l’école en ayant fait plein de Java : « ce que vous savez faire, c’est pas Java ou C ou n’importe quel LANGAGE, c’est appliquer des CONCEPTS : vous savez développer en respectant de bonnes pratiques, vous savez faire des tests, vous savez concevoir des trucs ». Après 3 ans d’expérience, je me retrouve « coincée » par ma bonne connaissance des subtilités du langage et de quelques frameworks .net (ce qui pour moi ne fait pas de moi une bonne dev).

C’est simple : je veux apprendre plein de langages, tout comme à titre personnel je veux apprendre plein de langues étrangères.

Je refuse de croire qu’il y a un manque d’ouverture. Pour moi, c’est juste qu’il y a beaucoup de peurs, car on n’arrive pas à évaluer un bon développeur en dehors de sa maîtrise du langage qu’il sera payé pour utiliser.

Blandine : Pourquoi as-tu choisi ce métier ? As-tu les mêmes motivations qu’au début ?
Aline : Parce qu’il y a de la « magie » dans notre métier, quelque chose qui fait qu’on a le pouvoir de rendre facile et intuitives des choses très compliquées au départ.
Ce qui me plaît c’est de fabriquer des outils pour les gens et de savoir comment fonctionnent des systèmes complexes.
Ça n’a jamais vraiment changé.

programatooLogo

Blandine : Lors de Devoxx France, tu vas animer l’atelier Programatoo avec Audrey Neveu. Comment t’es venu l’idée d’organiser un atelier pour les enfants ?
Aline : J’ai rencontré lors de Agile Innovation Grenoble (la meilleure conférence Agile ;-) : www.agileinnovation.fr) que je coorganisais en 2011 des personnes de /ut7 qui s’intéressaient au sujet, et qui s’apprêtaient à faire leur premier Coding Goûter.

On en a pas mal discuté, on s’est rappelé de nous enfant et de notre première expérience avec la programmation, et j’ai vu qu’il y avait un écart avec ce que maintenant les enfants apprennent en premier sur un ordinateur : recherche google, emails ,facebook, utilisation du smartphone… là ils savent mieux que moi, mais pour le reste, il manque quelque chose.

Et une fois Agile Grenoble passé, et mon installation en région parisienne bien en place, je me suis dit que c’était le moment de lancer un projet. Et voilà… J’en ai parlé à Sfeir qui m’a donné son support. On s’inspire totalement du Coding Goûter, d’ailleurs on est en contact permanent avec eux. Mais nos objectifs, à terme, sont différents : on souhaiterait se tourner vers tous les enfants (pas forcément accompagnés de leurs parents) pour des ateliers dans la ville, dans les écoles… Mais on n’en est pas encore là !

Lors des ateliers Programatoo et des Coding Goûters chez nos amis de ut7, on se rend compte d’une chose, et c’est même le mot d’ordre : ce sont les enfants qui ont quelque chose à nous apprendre et à nous montrer. Ce qui m’a surprise : leur créativité, leur capacité à trouver des idées rapidement… Non pas que j’en aie douté, mais je me rends compte que mon enfance à moi s’éloigne !!!

Blandine : Lors de Mix-IT, tu organises un « atelier Théâtre d’Impro pour jouer à être Agile ». Peux-tu nous en dire plus ? Comment est-ce que ça va se passer ? On peut venir même si on n’a jamais fait d’impro ?
Aline : C’est du théâtre d’impro 100% débutant. On ne parle pas d’agilité, on s’amuse, on improvise en respectant les règles. L’idée est que chaque participant se rende compte de sa capacité à être réactif, à imaginer, et à s’adapter à toutes les situations. Que le groupe forme un ensemble cohérent, qu’on s’écoute, qu’on s’impose sans imposer à l’autre…
Le format : comme un typique entraînement d’impro, on commence par un échauffement, ensuite on fait quelques exercices et on finit avec des improvisations sur un thème donné.
A la fin, on fait une petite rétrospective, et les participants se rendront facilement compte du parallèle avec n’importe quel projet !

Blandine : Les méthodes agiles semblent importantes pour toi. Pourquoi ? Comment es-tu tombée dans la marmite des méthodes Agiles ? Pourrais-tu aujourd’hui travailler dans une équipe qui ne les applique pas ?
Aline : Déjà, je n’ai pas appris le Cycle en V à l’école, mais les méthodes Agiles. Donc forcément je n’ai pas pu m’imaginer un projet différemment. Ensuite, arrivée sur un projet directement en sortant de l’école, j’avais besoin d’aide et j’en ai trouvé au Club Agile Rhône Alpes… J’ai rencontré plein de gens épanouis et je leur ai fait un chèque pour les rejoindre, et j’ai organisé une grande cérémonie avec… non sans rire, c’était vraiment super et j’ai appris plein de trucs. Se retrouver avec des gens de différentes entreprises permet vraiment de prendre du recul sur la situation.
Aujourd’hui bien sûr je pourrais travailler dans une équipe qui ne les applique pas, d’ailleurs il y a beaucoup d’équipes qui disent qu’elles l’appliquent et qui ne l’appliquent pas… C’est une situation plutôt normale pour moi, et ce qui est intéressant dans ces équipes c’est justement d’essayer d’améliorer le process. Ce que je ne pourrais pas faire, ce serait travailler dans une équipe qui refuse tout changement.

 

Merci Aline ! Rendez-vous : 

Petra Cross from Google will be at Devoxx France and Mix-IT

Petra Cross

Continuing our interview series, the Mix-IT team asked some questions to Petra Cross who will be at Devoxx France and at Mix-IT.

 

Photo by Cody Bratt

 

Petra is a Senior Software Engineer at Google and an avid photographer. You could follow her on twitter or on G+.
With Petra, we will look behind the scenes of day-to-day development workflow in the engineering teams at Google. She will speak about this topic at Devoxx France and Mix-IT .

Mix-IT Team : Who are you?
Petra : I’m a Googler, photographer, and a pretty good wife. I live in San Francisco, California.

Mix-IT Team : Could you describe your typical day? Do you work all the day?
Petra : I wake up at 10am, get ready, and then walk to work (yes, I get to walk to work). I work from about 11am until about 7pm. I sometimes go rollerblading in the middle of the day (Google San Francisco office is right by the waterfront, with very ice trail along the bay) and do yoga in the evening. When I get home, I tend to work on a photography project or work on my travel plans.

Mix-IT Team : Which new tools/framework do you discover recently and that has inspired you?
Petra : Since I joined Google Wallet in San Francisco, I have been writing code using Android libraries. I have never done mobile development before, so a lot of the concepts are new to me, but I’ve been having fun.

Mix-IT Team : Does your team at Google use Scrum, or is it just inspired by Scrum?
Petra : Let’s not confuse Scrum with Agile. Scrum is a method for managing software projects. Most of Google engineering managers do not use Scrum, but some do.
However, Agile is more wide-spread at Google. Lots of engineering teams use Agile principles of planning task backlog, iterating in cycles, and estimating the tasks for the upcoming iteration.

Mix-IT Team : What would be your ideal technical stack for a webapp today ?
Petra : I have not seen an ideal technical stack yet. All technologies have their pros and cons and it takes time to learn about all the quirks and gotchas. I am comfortable with the Google server stack with Javascript on top. I’m not a Javascript expert though. I’ve spent most of my seven years at Google working on Java backends which use Google’s powerful distributed computing and storage resources.

Thanks Petra !
See you at Devoxx France for your talk about software development Workflow at Google on Thursday 19 April at 5 p.m. and at Mix-IT on Thursday 26 April at 2 p.m.

Hands-on Labs, Tools in Action et Quicky par Mathilde Lemée à Devoxx France

Cette interview est consacrée à Mathilde Lemée (@MathildeLemee). Vous pourrez la retrouver à Devoxx France où elle animera un hackergarten et présentera deux sujets liés aux tests des applications Web pour les développeurs Java.

Blandine : Qui es-tu ? Peux-tu définir ton travail actuel ?
Mathilde : Je suis Mathilde Lemée, consultante freelance sur Paris. Je suis un développeur passionnée et agiliste convaincue, je tiens également un blog sur http://www.javafreelance.fr .

Blandine : Comment es-tu tombée dans le monde JAVA ? Te souviens-tu de ton premier programme en JAVA ?
Mathilde : J’ai surtout découvert Java à la fac, j’ai fait la presque totalité de mes projets universitaires et de mes stages sur ce langage. Le premier, c’était un pantin 3D dont on pouvait enregistrer les différentes postures pour ensuite l’animer.

Blandine : Comment te situes-tu dans l’écosystème JAVA ? Dans quel projet(s) /user group interviens-tu ?
Mathilde : Je suis souvent présente aux sessions du Paris Jug, aux événements des Duchess France dont je suis une des fondatrices et aux sessions Hackergarten que nous organisons depuis le début de l’année avec d’autres développeurs.

Blandine : Pourquoi as-tu choisi ce métier ? As-tu les mêmes motivations qu’au début ?
Mathilde : J’ai toujours eu envie de faire de l’informatique donc je n’ai jamais hésité sur mon cursus. En sortant d’étude, je voulais surtout avoir le schéma classique consultant => chef de projet. C’est lors de ma première mission, quand j’ai eu la chance de travailler avec une équipe d’architectes passionnants et motivants, que j’ai changé d’orientation !

Blandine : Tu vas présenter trois sujets à Devoxx et à Mix-it ! Peux-tu nous les présenter ? Pourquoi faut-il venir te voir ?
Mathilde : La première session à Devoxx France est animée avec Brice Duttheuil, committeur Mockito. C’est un hackergarten : le rendez-vous des gens qui veulent participer à un projet open source. L’idée c’est, dans un format de 3h, de contribuer à un logiciel, un fix, une feature, une documentation dont d’autres pourraient avoir l’usage. Il s’articule autour de committeurs actifs pour mentorer les hackers qui participent à l’évènement. Nous ouvrons la porte aux committeurs en tout genre, il suffit de nous faire signe !

La seconde sur Selenium, testNG et selenium Grid propose une solution pour tester les applications web. Nous partirons de la rédaction d’un test unitaire avec jUnit pour finir par avoir une suite robuste de tests distribués, que ce soit sur un réseau interne ou sur le cloud avec Amazon EC2. J’aurais l’occasion lors de Mix-IT de la rejouer, il y aura en plus une revue des bonnes pratiques et des design pattern recommandés lorsque l’on met en place cette automatisation.

La dernière est un quickie de 15 minutes sur FluentLenium, librairie que je développe depuis quelques mois. FluentLenium se veut un outil d’aide à l’écriture de tests Selenium, en s’adressant tout particulièrement aux développeurs web Java.

Blandine : On croise peu de femmes dans les conférences. Cela t’étonne-t-il ? Penses-tu que c’est en train de changer ? As-tu vu une évolution au cours des dernières années ?
Mathilde : Je crois que dans tous les domaines, à partir d’un certain niveau de visibilité, on ne trouve que peu de femmes. Je pense que c’est en train de changer, même si cela prend du temps. En tout cas, on est plusieurs à travailler pour ! Il faut avant tout créer l’envie chez les femmes.

Blandine : Est-il plus difficile pour toi de présenter devant un auditoire majoritairement masculin ? Cela a-t-il un impact sur ta préparation et la façon dont tu présentes ? Penses-tu que tu sois jugée différemment des speakers masculins ?
Mathilde : Non, aucunement. Quand on va voir une présentation technique, on y va pour le fond, pas pour la forme.

Blandine : Beaucoup de personnes aimeraient faire une présentation, mais n’ont pas d’idée de sujet. Comment as-tu trouvé les tiens ?
Mathilde : Pour les hackergarten, après une année à organiser des hands-on, je cherchais quelque chose de plus proche de la réalité. On en est à la troisième session et les gens reviennent toujours, c’est vraiment un moment colnvivial où l’on a par exemple l’occasion de découvrir de l’intérieur d’outils comme maven ou jenkins.
Pour tout ce qui concerne les tests automatisés, le sujet est venu naturellement, car c’est une des solutions que j’ai l’occasion de mettre en place chez nos clients, d’où également la création de FluentLenium.

Merci Mathilde ! 

Rendez-vous à Devoxx France : 

Et aussi  à  Mix-it pour Selenium WebDriver, TestNG et Selenium Grid le jeudi 26 avril

BOF Duchess France à Devoxx et présentation de Mix-IT par Agnès Crepet

Pour poursuivre notre série d’interview, voici les réponses d’Agnès Crepet co-organisatrice de Mix-IT. Elle co-présentera aussi le BOF Duchess France dans quelques jours à Devoxx.

Blandine : Qui es-tu ? Peux-tu définir ton travail actuel ?
Agnès : Je suis donc Agnès Crépet ;-)
Le jour, je suis architecte au sein de la DSI des Laboratoires Boiron. Je participe à la mise en place des méthodes (agiles) de développement, aux choix des frameworks (principalement issus de l’écosystème Java) ainsi qu’au développement des applications développées en interne.
La nuit, je mets ma casquette d’activiste des communautés techniques : je suis Leader de 2 JUGs : le Lyon JUG et de Duchess France et je suis membre de l’équipe fondatrice de la conférence Mix-IT et de celle du podcast cast-it.

Blandine : Comment es-tu tombée dans le monde JAVA ? Te souviens-tu de ton premier programme en JAVA ?
Agnès : C’était à l’école, il y a 12 ans… Mais en dehors de mes TP classiques implémentés lorsque j’étais étudiante, mon premier « vrai » programme java je l’ai développé lorsque j’étais dans ma première société, un éditeur bancaire. On refondait une application en Java, historiquement écrite en Cobol. A l’époque, c’était donc avec Struts 1 et les premières versions beta d’Hibernate. J’ai eu la chance très tôt de pouvoir travailler avec des frameworks, qui te permettaient de gagner en productivité et en homogénéité.

Blandine : Comment te situes-tu dans l’écosystème JAVA ? Dans quel projet(s) /user group interviens-tu ?
Agnès : Je suis donc active dans 2 JUGs : le Lyon JUG et Duchess France et tous les mois avec mes compères podcasteurs, on sort un épisode de Cast-IT.
Je participe également à des projets de développement bénévolement. J’ai par exemple développé le site de la conférence que je co-organise Mix-IT. Ce qui m’a permis de tester des frameworks que je n’avais jamais mis en pratique comme Play ! Et j’ai d’autres projets de ce type en cours.
J’ai donné également des talks et cours (Méthodes Agiles, Java, Design Patterns). Récemment, j’ai donné notamment une formation de plusieurs semaines bénévolement au Togo, des talks en Asie.

On peut me suivre sous twitter : @agnes_crepet, sous google plus : https://plus.google.com/116189330666769817164. On peut également m’entendre au micro de Cast-IT. Vous pouvez également voir sur GitHub les projets de coding sur lesquels je travaille  : https://github.com/acrepet et j’écris régulièrement sur le blog des Duchesses.

Blandine : Pourquoi as-tu choisi ce métier ? As-tu les mêmes motivations qu’au début ?
Agnès : Pour moi ce qui est magique dans ce métier c’est que l’on apprend en continu. Et cet aspect est très motivant. Le fait de développer des logiciels c’est aussi pour moi une manière d’apporter de la valeur au monde. Le domaine du logiciel libre est, par exemple, pour moi extra-ordinaire du point de vue du modèle économique et social sous-jacent. Et en tant qu’acteur du monde du logiciel, on peut aussi diffuser ses idées facilement. Et ce sont ces idées qui peuvent contribuer à changer (un peu) le monde.

Par rapport à mes débuts, j’ai sûrement encore plus envie de partager, de rencontrer des gens des différentes communautés techniques. Il y a 12 ans, je découvrais le développement Java, mais je restais relativement seule. Aujourd’hui, je trouve fascinant le foisonnement autour des différents user groups qui existent.

Blandine : Tu vas présenter co-présenter le BOF Duchess France à Devoxx France avec Audrey Neveu. A qui s’adresse-t-il ? Pourquoi faut-il venir vous voir ? De quoi allez vous parler ?
Agnès : Le Bof s’adresse à tout le monde, hommes/femmes, développeurs, personnes non techniques, etc. Si vous voulez en savoir plus sur Duchess France, il faut venir à ce BOF puisqu’on reviendra, dans une première partie, sur les objectifs et les actions menées par ce JUG.
Enfin si la question de la disproportion des femmes dans l’informatique en France vous intéresse. Si vous voulez savoir si c’est partout pareil… Et bien venez au BOF puisqu’on abordera cette question dans une deuxième partie. Je donnerai notamment un retour sur mes voyages en Afrique et en Asie où j’ai découvert que la situation diffère fortement dans certains pays où la proportion de femmes dans la technique est beaucoup plus forte que chez nous.

Blandine : Lors du “tour du monde” (que tu viens de terminer), tu as présenté les Jduchess à l’étranger et permis de lancer de nouveaux groupes dans différents pays. Peux-tu nous parler de ces rencontres ? As-tu rencontré des personnes motivées et intéressées par les Jduchess ?
Agnès : Oui j’ai donc eu la chance de voyager sur 2011/2012 dans beaucoup de régions du globe différentes. Et j’ai donc eu la chance de participer au lancement des groupes Duchess Africa et Duchess Indonésie.
En août dernier, j’ai décidé de commencer mon périple autour du globe en donnant bénévolement une formation Java à Lomé (Togo). J’avais deux filles parmi mes élèves. Je leur ai parlé du réseau des Duchesses et elles ont pensé qu’il serait très intéressant de créer un groupe Duchess Africa et particulièrement en Afrique occidentale (la formation avait lieu au Togo, mais les filles étaient ivoiriennes). Elles ont voulu monter ce groupe pour faciliter l’accès des femmes africaines à des carrières dans l’informatique en général (et pourquoi pas dans le développement Java). En Afrique, peu de filles vont à l’école, sans parler de l’accès aux études scientifiques, il y a donc très peu de femmes ingénieurs en informatique. Ainsi, Duchess Africa est né en août 2011 et depuis je crois savoir qu’elles sont une cinquantaine. Vous pouvez lire mon article sur le blog des Duchesses, sur mon retour sur le lancement de Duchess Africa.

Fin 2011, j’étais en Asie. J’ai donné des conférences/ateliers à l’école Meruvian qui est une organisation à but non lucratif situé à Jakarta, portée sur Java et Open Source. Cette école propose un cursus informatique très orienté sur la programmation Java pour les jeunes entre 16 et 21 ans qui n’ont pas les moyens d’aller à l’Université. J’ai rencontré deux filles, Mila et Nety, d’à peine 20 ans et qui s’occupaient de cette école. Elles ont été intéressées par l’initiative et ont décidé de lancer l’antenne Duchess Indonésie qui regroupe aujourd’hui 200 personnes ! Vous pouvez mon article sur le blog des Duchesses, sur mon retour sur le lancement de Duchess Indonesia.

Blandine : On croise peu de femmes dans les conférences en France. Cela t’étonne-t-il ? A priori, la situation est inversée en Asie ou la majorité des développeurs sont des femmes. Est-ce un sujet dont tu vas parler lors du BOF et pourquoi ?
Agnès : Dans les pays occidentaux, nous faisons souvent le même constat : l’univers des développeurs est quasi uniquement masculin. Et cela, hélas, ne m’étonnait plus vraiment. Je pensais que c’était une situation générale, que l’on retrouvait partout dans le monde.

Pourquoi chez nous ou plus généralement dans les pays occidentaux, les filles sont-elles si peu présentes dans les domaines techniques en général, et dans l’informatique en particulier ? La première explication peut être liée aux choix d’éducation et de formation des femmes. Certains préjugés sont ancrés au sein de la famille et de la société et se révèlent lors des choix des jeunes filles pour une formation. Les parents ou les enseignants leur déconseillent souvent de suivre une formation trop technique, qui déboucherait sur des professions traditionnellement masculines, où la présence des femmes n’est pas encore complètement acceptée. Une autre explication peut venir du fait que certains métiers techniques, comme celui de l’informaticien, souffre de certains stéréotypes. L’informaticien est souvent représenté comme un homme, jeune, blanc, hétérosexuel, fan d’univers comme celui de l’heroïc- fantasy et encore celui des jeux vidéos. Ces univers sont par ailleurs bien souvent remplis de références principalement masculines ou les filles ont peu de place. Quand elles y sont représentées, c’est souvent de manière dégradante ou humiliante. Je me souviens d’une publicité récente pour la sortie d’une version d’Ubuntu (une distribution de Linux) : une paire de fesses féminine parfaitement calibrée vêtue d’un slip Ubuntu. Vous allez me dire qu’on trouve ce genre de représentations quel que soit le produit (voiture, produit ménager, crème dessert, etc.).

J’ai effectivement eu la chance de voyager récemment pour m’apercevoir que la situation diffère dans d’autres coins du globe. Je suis allée notamment en Indonésie où j’ai rencontré les filles qui ont lancé l’antenne Duchess Indonésie. Dans ce pays, 60 % des personnes ayant une activité dans l’informatique sont des filles. Je vais parler lors du BOF de cette différence que j’ai observée en Asie donc et des quelques pistes qui pourraient l’expliquer. En Indonésie, là où plus de la moitié des développeurs informatiques sont des filles, la plupart des écoles ne sont pas mixtes. On touche ainsi à la question de la non-mixité, souvent décriée ou mal comprise. Outre la remise en cause perpétuelle de la légitimité des luttes féministes, il faut souvent argumenter sur l’utilité et le sens d’une organisation en espaces non-mixtes. Pourtant, dans l’histoire de beaucoup de mouvements de femmes, la non-mixité a toujours été bénéfique pour avancer dans l’organisation des collectifs. Les observations en classes mixtes indiquent que les cours de sciences sont dominés par les garçons, ils “accaparent le bon matériel et l’attention du professeur, répondent à la majeure partie des questions et réalisent les expériences, tandis que les filles assistent, rédigent les comptes-rendus à la manière de secrétaires et restent en retrait dans la classe. De plus, certaines études affirment que les contextes mixtes ont tendance à renforcer les stéréotypes de genre, et donc à reproduire l’équation sciences = hommes” *1.  Je ne suis pas en train de dire qu’il serait bon de retourner à l’école non-mixte, mais peut-être que certaines activités organisées en non-mixité pourraient inviter un peu plus les filles à découvrir des domaines techniques qui à priori ne leur sont pas destinés. Tasha Carl, une amie belge, m’a parlé d’une initiative, Greenlight For Girls. Il s’agit d’une fondation qui cible les femmes de tout age, et non-pas uniquement dans l’informatique, mais dans ce qu’on appelle le STEM – Science Technology Engineering Mathématics… Et ça marche plutôt bien, ce qui pourrait faire taire ceux qui affirment qu’elles ne sont pas câblées pour la technique !

*1 Gillibrand, E., Robinson, P., Brawn, R., & Osborn, A. (1999). Girls’ participation in physics in single sex classes in mixed schools in relation to confidence and achievement. International Journal of Science Education, 21, 349-362

Blandine : Tu es aussi coorganisatrice de Mix-IT. Peux-tu nous présenter cet événement ?
Agnès : Mix-IT est l’aboutissement de la collaboration entre le Lyon Java User Group et le Club Agile Rhône-Alpes.
Mix-IT est né d’une envie commune de créer une conférence à Lyon accessible à tous (donc pas trop chère) sur l’agilité, l’écosystème Java et les innovations I.T., Web ou mobile. En 2011, la première édition de Mix-IT voyait le jour. Et le 26 avril prochain, Mix-IT deuxième édition se déroulera à SUPINFO LYON pour des sessions sur différents sujets, des jeux et des rencontres. Entre 300 et 400 personnes sont attendues à cet événement. Certains speakers internationaux sont annoncés (Pamela Fox notamment, ex-Googler de San-Francisco, Bodil Stokke sur Javascript, ou Pieter Hintjens, spécialiste du messaging, créateur de ZeroMQ), la majorité des speakers étant français, comme Emmanuel Bernard (membre de l’équipe Hibernate chez JBoss) ou encore Jean Claude Grosjean (auteur du blog QualityStreet) et Gilles Mantel, des coachs agiles reconnus.

Je suis très fière également que près d’un quart des speakers de Mix-IT soit des femmes ! Nous ne nous sommes pas “forcés” à prendre des femmes, mais on a simplement élargi notre recherche de speakers d’une part et d’autre part nous nous sommes rendu compte, et c’est plutôt une bonne nouvelle, qu’il y a de plus en plus de femmes reconnues sur des domaines techniques. Quand nous avons cherché des speakers sur Javascript par exemple, notamment sur les frameworks MVC JS côté client, le nom de Bodil Stokke est rapidement arrivé !

Merci Agnès !
Rendez-vous au BOF Duchess France le jeudi 19 avril de 19h à 20h et
à Mix-IT le jeudi 26 avril à Lyon.

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